Nous participons une nouvelle fois à un évènement inter-blogueur. Celui-ci est proposé par Elodie et François du blog “La Céto Sympa” et je vous conseille notamment cet article, avec une recette très sympa. Cette fois-ci nous parlons des 2 plus grands mythes concernant la préparation physique pour les arts martiaux.

J’insiste pour dire qu’il va être question du rapport entre la préparation physique et les arts martiaux, nous ne parlons pas simplement des mythes de la préparation physique seule, qui mériteraient un article spécialement pour eux !

 

Statue d'Heracles et du lion de Némée

 

 

Le plus grand des mythes concernant la préparation physique pour les arts martiaux

 

Celui-ci je ne compte plus le nombre de fois que je l’ai entendu. Je suis certain que vous voyez duquel je veux parler. Mais si réfléchissez.

Je parle de celui-ci : si on fait de la préparation physique, on sera moins efficace et on va devenir “aussi souple qu’un verre de lampe” comme dirait mon sensei Dédé ! Ce mythe a la peau dure !

 

Homme faisant de l'althérophilie

 

La musculation ne rend pas raide

 

Eh non, chers amis, le fait de faire du renforcement physique, de la musculation ou que sais-je encore ne va pas vous rendre plus raide. Enfin, si, cela peut être le cas si votre entraînement n’est pas complet.

La souplesse est une qualité de votre corps. Comme l’endurance, ou la force, elle peut s’entraîner et se désentraîner (c’est le fait de perdre les capacités acquises lors d’un entraînement, à cause d’une période sans entraînement de cette capacité). Autrement dit, si vous ne faites que de la prise de masse volumique, ou de la force, alors vous risquez de perdre en souplesse. Mais ce n’est pas le cas si vous avez un entraînement rigoureux et bien cadré. C’est pour cela qu’il existe des livres et des blogs pour vous former. 😉

Si vous voulez aller plus loin je vous mets en référence un livre très intéressant qui a tout un chapitre concernant cette question (1).

 

La musculation me rend plus lent

 

Photographie d'un escargot

 

Une autre partie du plus grand des mythes concernant la préparation physique pour les arts martiaux, c’est que la musculation nous rendrait plus lent. Et ce n’est pas vrai, même si ce n’est pas nécessairement faux. Nous le voyons très bien avec les rugbymen qui font plus de 100 kg et qui courent le 100m dans des temps proches du record du monde féminin de 11 secondes.

Si vous faites de la prise de masse pendant votre préparation physique, et que vous passez d’un corps à qualité égale (même pourcentage de muscle) plus lourd, il est possible que vous soyez plus lent. Mais cela peut vous avantager. Selon votre style de combat, vous pouvez aussi devenir plus puissant. Cette partie s’adresse surtout à des personnes de très haut niveau suivies par les meilleurs préparateurs physiques.

Par contre, si vous changez la composition de votre corps (ce qui est beaucoup plus souvent le cas), alors vous avez la chance de gagner en vitesse. Imaginez quelqu’un qui fait 1m80, 70 kilos, mais très peu de muscle. Il fait 1 an d’entraînement et arrive à 1m80 75 kilos mais avec une plus forte densité musculaire, dans ce cas on peut dire qu’il a de fortes chances d’être beaucoup plus rapide !

De plus, pendant votre préparation physique, si vous avez une partie qui est spécifique à votre art martial ou sport de combat, vous travaillez sur la connexion neuronale. Cela va apprendre à votre cerveau à envoyer vos ordres beaucoup plus rapidement aux muscles, et donc d’avoir des réponses dans un laps de temps plus court. Autrement dit, cela vous rend plus rapide.

 

Femme militaire faisant du tirage à la corde
Un exemple de préparation physique spécifique

 

Par contre, il y a un risque qui existe lorsqu’on fait de la musculation globale. C’est de muscler des zones dont on n’a aucune utilité dans les arts martiaux. Cela serait un peu comme tuner votre voiture, ce n’est pas nécessaire, parfois c’est surprenant, aussi bien positivement que négativement.

 

 

C’est inutile de faire de la préparation physique pour les arts martiaux

 

Dessin d'une femme sautant sur un hommeCe mythe vient de l’image que l’on a du faible qui peut vaincre le fort grâce aux arts martiaux. Il est véhiculé par les mangas et les films comme Karate Kid. Et ce n’est presque pas faux !

Il est assez vrai que les arts martiaux sont des pratiques complètes pour le corps, et c’est aussi vrai qu’après un certain temps de pratique le faible peut vaincre le fort. Mais qu’en est-il de la préparation physique dans tout cela ?

 

 

Les arts martiaux se suffisent-ils à eux-mêmes ?

 

Tout d’abord, si on prend pour origine des arts martiaux modernes la création du judo, de Jigoro Kano, cette méthode est complète dès son origine. Elle comprend en elle-même tout ce qu’il lui faut. Aujourd’hui on sépare le Taïso, qui est en fait la partie de la préparation physique du judo. Autrement dit, il y a bien de la préparation physique, mais elle est spécifique. Et l’on pourrait penser que cela est suffisant.

 

Homme en position de combat

 

Je voudrais aussi ajouter ce que mon sensei, Armand Vallé me dit souvent :

"Pour devenir fort pour faire une technique, il suffit de la répéter." 

Et c’est vrai qu’au bout de 50 répétitions faites avec enthousiasme d’une technique on sent nos muscles qui chauffent.

Donc oui les arts martiaux peuvent se suffirent à eux-même, mais à condition de les pratiquer suffisamment régulièrement, avec assez d’intensité. Enfin, à première vue.

 

La préparation physique constante

 

Dessin d'un pingouin très musclé

Lorsque vous vous entraînez, que cela soit à la maison ou au dojo, il y a une forme de préparation physique constante et régulière. Au début vous ne pouvez pas chuter 10 fois en 20 secondes mais avec le temps vous y arriverez. De même avec les gabarits à soulever, qui vont aller crescendo.

 

Et vous allez ainsi vous améliorer et utiliser des outils pour vous perfectionner. On va essayer d’augmenter la difficulté d’une façon ou d’une autre. Par exemple, le pratiquant de kendo peut utiliser un bokken (sabre en bois) plus lourd, avec un équilibre plus complexe pour renforcer la vivacité de son mouvement au shinai (sabre en lamelle de bambou).

Seulement, notre corps peut trouver des limites. Et il risque de devenir nécessaire à un moment donné de devoir accepter de faire de la préparation physique spécifique, ou générale.

Je me souviens d’un cours, au début, quand j’ai commencé à faire du sol. J’arrivais à mettre en place une clé mais mon partenaire s’échappait. Armand m’a mis dans un coin avec une poulie d’Andrieu faite maison, et il m’a dit de “jouer” avec ça. Il m’a aussi dit de m’en fabriquer une et d’en faire régulièrement. Et s’il est vrai que cela m’a bien aidé à l’époque, j’ai pas mal perdu de poigne, et je suis en train de reprendre tranquillement (d’ailleurs on vous prépare tout un article sur le thème de la poigne) !

 

Homme torse nu avec un glaive

 

Tout ça pour dire que mon corps me bloquait, malgré mes 15 heures d’entraînements intenses par semaine. Il a fallu que je fasse de la préparation physique, et il faut que je continue.

La préparation physique est nécessaire, qu’elle soit faite durant les cours ou à la maison. Seulement, comme le temps que l’on a dans les dojos est extrêmement limité, il vaut mieux pratiquer aussi chez soi. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons décidé d’écrire ce blog.

 

 

Comment sont nés ces deux grands mythes concernant la préparation physique pour les arts martiaux

 

Nous l’avons un peu dit tout à l’heure, à cause de l’image véhiculée par les différents médias. Mais ce n’est tout de même pas très vrai. Dans de nombreux films, comme dans les mangas, on voit nos héros s’entraîner.

Figurines de super héros

 

Que cela soit Daniel-san qui doit répéter les mouvements inlassablement dans Karate Kid, Kenichi qui subit les entraînements physiques les plus fous, ou Sangoku dans la salle de l’esprit et du temps, tous doivent s’entraîner. Mais on a tendance à oublier ces moments pénibles ! 😉

 

Mais, je vous parle en connaissance de cause, ce n’est pas toujours facile de créer un entraînement de bonne qualité. Il y a beaucoup de composantes à prendre en compte.

 

Shin – Gi – Tai

 

Ces trois concepts, Shin (l’esprit), Gi (la technique), Tai (le corps), sont les trois concepts du combattant. Ils sont utilisés dans de nombreux arts martiaux, et même dans des sports divers et variés, on pourrait facilement le lier à l’adage occidental “un esprit sain dans un corps sain”.

Pourquoi est-ce que je vous parle de ça maintenant ? Tout simplement parce que le problème réside dans l’équilibre de ces trois composantes. J’ai volontairement laissé shin, l’esprit, de côté pour me consacrer aux deux composantes physiques.

 

Empilement de pierre sur une montagne

 

Le premier des grands mythes que nous avons vus concernant la préparation physique pour les arts martiaux, était une prédominance de l’entraînement du corps sur la technique. Ce qui veut dire que mon corps n’est plus capable de s’adapter à la technique que je pratique. Et s’il n’y a pas d’entraînement technique, alors je n’arriverai pas à trouver l’équilibre, la vitesse etc…

Dans le second cas, que j’ai illustré avec mon combat au sol, on voit clairement que la technique, s’il n’y a pas le corps qui peut suivre la cadence, devient inutile. Je sais comment bloquer quelqu’un qui me frappe au visage, je connais le mouvement, j’ai la vitesse qu’il faut, mais je n’ai aucune puissance dans les hanches. Au mieux, je vais perdre l’équilibre en faisant mon blocage, au pire je vais le prendre dans le visage.

Il faut donc veiller à évoluer sur tous les points, de façon cyclique pour pouvoir progresser au mieux. Bien sûr il arrive que l’un des points prenne l’ascendant, et petit à petit les autres le rattrapent. De plus, c’est un très bon moyen de toujours rester motivé et de toujours progresser.

 

Conclusion

 

Il me semble alors clair que la préparation physique est nécessaire, et qu’elle doit être pratiquée avec une certaine rigueur pour pouvoir être efficace.

Je ne dis pas que ces mythes ne peuvent pas avoir un fond de vérité. Il arrive que des personnes deviennent moins performantes parce qu’elles se mettent à la musculation. Tout simplement parce qu’elles oublient le chemin du dojo.

Il arrive aussi que des pratiquants atteignent un excellent niveau sans préparation physique en dehors du dojo, soit parce qu’ils ont à la base de très bonnes aptitudes, soit parce qu’ils s’entraînent avec assez de régularité et d’intensité pour former leur corps.

 

Epée pointé vers le ciel
Vous savez ce qu’il vous reste à faire. En avant ! ! !

 

Seulement, si vous pratiquez une préparation physique adaptée, et que vous continuez à vous entraîner, vous sentirez votre évolution. Si vous voyez que vous n’arrivez plus à être rapide dans vos coups de poing depuis que vous chargez plus en développé couché, il va peut-être falloir alléger le travail et passer en méthode bulgare. Tout est une question de dosage et de programme !

 

Ne déprimez pas, il n’est jamais trop tard

 

Même si vous avez l’impression d’avoir des troncs d’arbre à la place des bras, votre souplesse peut revenir. Vous pouvez retrouver votre amplitude de mouvement, pour cela il faut de la volonté, de la régularité de l’entraînement.

Du moment que vous n’êtes pas blessé (et encore!), il n’y a aucune raison de ne pas progresser.

Je vous remercie d’avoir lu cet article, et j’espère que vous n’hésiterez pas à le partager ainsi qu’à nous donner vos avis dans les commentaires !

 

 

(1) : La bible de la préparation physique, de Didier Reiss et du Docteur Pascal Prévost, chapitre 10 : comment développer sa souplesse ?

 

 

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