Contrôler ses émotions avec ces 4 clés

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controler ses émotions

Le contrôle des émotions est quelque chose de très important. On a déjà parlé des lignes théoriques et de ce que vous avez à gagner sur le long terme à mieux gérer vos émotions. Nous allons voir ici des astuces pour mieux contrôler les émotions au quotidien

Pour rappel, nous sommes passionnés de psychologie et Marvin est préparateur mental. Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé, vous pouvez nous le dire en commentaire de cet article ou en nous faisant un mail : contact@corps-et-esprit-martial.com

Quelques méthodes pour contrôler ses émotions

Soufflez ! 

Les émotions nous assaillent, souvent lorsqu’on ne s’y attend pas, et cela est très déstabilisant. 

Il existe deux solutions lorsqu’on se sent dominé par un adversaire, reprendre sa distance ou rentrer dedans. Nous allons parler de la première option pour commencer.

controler ses emotions, souffler

Il existe de nombreux moyens de remettre de la distance entre vous et un événement. Mon préféré est certainement la respiration, car c’est un acte naturel qui permet de mieux contrôler ses émotions. 

D’un point de vue technique, la respiration calme et profonde permet de réduire la production de cortisol, une hormone qui sert à activer notre système, mais qui à haute dose n’est pas bonne du tout pour nous. Pour plus d’informations, Anne à écrit un très bon article sur le lien entre la respiration (et notamment la cohérence cardiaque) et nos émotions sur son autre blog. Pour éviter d’alourdir notre article ici, on vous invite à aller le lire.

Donc, lorsqu’un événement crée une émotion trop vive en vous, vous pouvez très bien prendre cinq minutes pour faire de la cohérence cardiaque. Mais vous allez à juste titre me dire que vous n’avez pas toujours le temps. Par exemple, lors d’une agression vous n’allez pas dire à la personne en face “Attends deux secondes, on va se poser ensemble faire une séance de cohérence cardiaque et après on pourra discuter calmement.”.

C’est pour cela qu’il faut également avoir des mises à distances qui soient plus courtes et faisables dans l’action. Voici une liste de choses que vous pouvez envisager : 

  • un discours interne précis (dites-vous dans votre tête “pourquoi je suis énervé ?” ou “Tout va bien, je gère”
  • une respiration précise (par exemple une inspiration d’un temps et une expiration de deux temps)
  • un geste étudié, qui sert d’ancrage pour vous remettre en confiance
  • une façon de parler, une sorte de tic de langage ou d’accent (c’est en fait un moyen de se créer un personnage fictif qui, lui, subit les émotions alors que vous, vous gérez tout ce qui se passe)

Tout ce qui vous permettra de créer un rempart émotionnel entre vous et les émotions trop vives qui vous empêchent d’agir comme vous le souhaitez sont de bonnes réponses. Il n’y a pas de mauvaise solution, il faut trouver celle qui vous ressemble.

Se plonger dedans

L’une des autres solutions pour apprendre à contrôler ses émotions est de s’y plonger pour pouvoir les maîtriser lorsqu’elles surviennent. Pour cela vous avez plusieurs possibilités.

controler ses emotions, plonger dedans

Vous pouvez très bien vous mettre dans l’état émotionnel souhaité pour apprendre à le gérer. C’est ce qu’il se passe lorsque vous faites des parcours stress. Vous essayez de simuler le stress d’une agression pour pouvoir ensuite apprendre à le gérer et enfin l’appliquer en cas de besoin.

“Maintenant la manière d’arriver à gérer ses émotions c’est de porter le travail sur ce sujet, de se contraindre.”

Richard Doueib, expert en  Krav Maga  “Trois conseils pour améliorer votre pratique, par 15 experts” ebook téléchargeable gratuitement  ici

Cela va notamment vous aider à accepter l’émotion en question et de ce fait réussir à mieux la maîtriser lorsqu’elle surviendra naturellement. Il s’agit en fait d’élargir votre zone de confort.

Une autre solution est d’utiliser la visualisation, pour ressentir cela de façon indirecte et mieux contrôler vos émotions le moment venu. Attention à bien respecter les règles pour éviter des erreurs qui seraient problématiques. 

Une possibilité est d’écouter des interviews et d’apprendre comment d’autres s’en sont sortis face au même blocage. Cela vous donne des pistes et vous permet de trouver des choses qui ont déjà fonctionnées

Trouver des routines pour gérer un événement

Créez vous une routine de réaction face à un type d’événement qui peut vous perturber. Par exemple, pour beaucoup le premier réflexe lorsqu’on vous fait une queue de poisson sur la route est de tenir un langage fleuri envers le chauffard à l’avant. Je ne dis pas que l’action qui vient de se dérouler n’est pas grave, mais que votre comportement peut engendrer des risques (conduite moins fluide, concentration moins importante, etc.,..).

Créez une routine de réaction type (qui peut reprendre des éléments proposés dans le paragraphe “soufflez”), qui vous permet de réagir de façon moins épidermique à une action.

Reprenons l’exemple du chauffard si vous le voulez bien. Mais cette fois, au lieu de vous énervez, envisagez de prendre une respiration, sourire et dire “ouf, il aurait pu nous rentrer dedans mais tout s’est bien passé”. Cela va vous permettre de mieux contrôler vos émotions et de garder la maîtrise de votre véhicule.

Vous pouvez créer des routines pour de nombreux événements, le tout est qu’elles soient suffisamment faciles et naturelles pour pouvoir être mises en place rapidement. Ne faites pas comme José qui a décidé de faire le poirier dès qu’il est contrarié, cela lui a causé des problèmes au travail ! 😜

Anticiper

Anticiper est un très bon moyen d’éviter de vous faire submerger par vos émotions. Si vous savez que telle ou telle situation risque de provoquer en vous une sorte de cataclysme émotionnel, n’hésitez pas à anticiper le problème, soit pour les éviter, soit pour mieux gérer les émotions lorsqu’elles surviendront.

Il y a une seconde façon d’utiliser l’anticipation. Cela peut paraître étrange, mais c’est aussi un moyen de renforcer votre motivation. Pour en savoir plus vous pouvez lire l’article : « Comment renforcer sa motivation”. Lorsque vous anticipez un événement qui risque de vous procurer du plaisir, cela va vous permettre de passer outre les désagréments. 

Par exemple, si vous passez votre temps à vous imaginer passer votre premier dan avec succès, ou gagner votre premier combat, les entraînements qui vous épuisent, qui peut être vous frustrent, seront beaucoup plus acceptables pour vous. En vous rappelant pourquoi vous faites des efforts, vous vous donnez la force de vous dépasser.

Ce qu’il y a à gagner à contrôler ses émotions

Être moins influençable

Cela est de plus en plus connu, nos émotions peuvent être utilisées contre nous. Le livre Influences et manipulations de Robert B. Cialdini explique très bien l’ensemble de ces enjeux. 

Ne pas se laisser déborder par ses émotions, permet de garder la tête froide et de prendre des décisions plus en adéquation avec nos volontés profondes plutôt que sur un coup de tête.

“M. – Dans une situation donnée, nous pouvons réagir de plusieurs façons selon notre état intérieur . Les actes naissent des pensées. Sans maîtriser les pensées on ne peut pas maîtriser les actes. Il faut donc « apprendre » à libérer les émotions…”

Matthieu Ricard et son père Jean-François Revel, Le moine et le philosophe, p.113

Vous pouvez également apprendre à vous influencer dans la direction que vous souhaitez atteindre. Par exemple, dans le live en dessous de ce paragraphe (qui portait sur les astuces pour garder la motivation sur le long terme) je vous parle du principe de cohérence (dont j’avais oublié le nom sur le moment). C’est un principe très intéressant pour renforcer votre motivation.

Être mieux compris

Si vous n’osez vous exprimer que lorsque vous ressentez de vives émotions, vous n’êtes pas facilement compréhensible. Pourquoi ? Car pour comprendre quelque chose, on essaie le plus souvent de rapprocher cette chose d’un autre élément que l’on connaît. Par exemple, si j’imagine les extra-terrestres, j’utilise le plus souvent des éléments que je connais pour le faire. C’est d’ailleurs en cela que le processus créatif est très complexe (car on imite en ajoutant son style).

Or, lorsque vous vous exprimez sous le coup d’émotions fortes, peu de monde ressent exactement la même chose, et il faudrait d’abord exprimer votre état émotionnel pour que votre interlocuteur vous comprenne au mieux. Mais il est difficile de dire “Attention je te parle mais je suis très joyeux / triste / en colère, etc,..”. 

C’est pour cela que lors d’une discussion, il est important d’apprendre à contrôler ses émotions, cela peut éviter de nombreux conflits.

Apprendre à lâcher prise

Si l’on a peur que notre véhicule fasse une embardée au premier virage, il est difficile d’être détendu dans sa conduite. Au contraire, si on a une totale confiance, il est plus facile d’avoir une posture relâchée (sans amoindrir sa vigilance).

C’est quelque chose de très important dans la pratique des Arts Martiaux, ce que l’on appelle le Mushin, l’esprit vid. Il permet d’être dans l’instant présent, pour prendre les décisions efficaces le plus rapidement possible. 

“Il y a toujours au moins deux façons de voir les choses dans la vie. D’un côté, avoir été frappé au visage m’a laissé un peu déçu et honteux. Mais d’un autre côté, je savais que ce n’était pas un jeu, que c’était réel et que j’apprendrais de mes erreurs.”

Uchideshi, dans les pas du maître, Jacques Payet, p.167

Pour y arriver, il faut s’entraîner et il faut réussir à lâcher prise. Et, pour arriver à se relâcher, il faut avoir confiance en sa capacité à contrôler ses émotions. Si vous êtes en permanence en train de vous dire “Calme-toi” ou de gérer votre peur du combat, vous ne pourrez pas être dans l’instant présent. Seulement, c’est quelque chose qui peut paraître simple mais qui est extrêmement complexe.

Je suis totalement d’accord avec ce que dit Kacem Zoughari dans son interview, lorsqu’il explique qu’il faut avoir confiance en sa technique pour pouvoir trouver la force d’agir. Si vous êtes dans le doute, vous n’y arriverez pas (même si le doute à sa place dans l’apprentissage, il doit disparaître lorsqu’on entre en action). Et, plus encore, il faut avoir une confiance inébranlable dans la fiabilité des enseignements que l’on met en pratique (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas évoluer). 

Un nouvel article qui touche à sa fin. S’il vous a plu, n’hésitez surtout pas à le partager pour qu’il puisse toucher un maximum de monde ! 

À très vite ! 

Cet article est corrigé par Henri-Pierre Juguet. Nous le remercions pour son travail de qualité. Si vous aussi vous souhaitez un bon relecteur/correcteur, voici son adresse mail :  hpj.correction.redaction@gmail.com

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