François Guerrieri enseigne notamment le Kali Eskrima Doblete Rapilon et le Nihon Taijutsu. Et il enseigne actuellement dans le même dojo que le mien, on se croise une fois par semaine.. Malgré cela, il a fallu que je croise sur Facebook une affiche partagée par Lionel Froidure pour savoir qu’il organisait un stage ! Bon… S’il n’est pas le meilleur pour la communication, il est par contre un pratiquant d’Arts Martiaux trèèèèèèès efficace

Nous tenons à remercier le club Atemi de Villemomble,  qui a organisé ce stage et nous a reçus avec plaisir. C’était vraiment un super moment comme vous allez le découvrir !

Le Kali Eskrima Doblete Rapilon : le style pratiqué par François Guerrieri

Avant de vous parler de ce cours de François Guerrieri, il me semble important de vous présenter le style qu’il pratique. Je ne suis pas expert en la matière, et si vous pensez que je suis dans l’erreur, n’hésitez pas à donner votre opinion ou à partager votre savoir dans les commentaires.

Kali Arnis Eskrima, qu’est-ce que c’est ?

François Guerrieri explique de snotions à ANne
François Guerrieri explique avec patience des notions à Anne.

Le Kali Arnis Eskrima est une méthode de combat créée dans les Philippines. Il a pour but de créer une méthode d’utilisation des armes. Les armes que l’on croise le plus fréquemment sont les cannes courtes et les couteaux. 

(note : Parfois appelé Kali, ou Eskrima, je n’ai pas trouvé de différence dans la pratique et les termes sont interchangeables, si vous en savez plus n’hésitez pas à partager vos connaissances avec nous).

Cependant, le but est de transférer ces techniques à toutes les armes. Bâtons longs, sabres, épées, tessons de bouteilles, etc… Et même mains nues !  

Cette méthode ne travaille pas des attaques spécifiques, mais des angles d’attaque. On n’a pas le temps de s’occuper de la façon dont l’arme est tenue, ni même de la position du poing (en cas de frappe à main nue). Ce qui compte c’est la direction du coup.

Il existe plusieurs formes d’Arnis : 

    • L’Arnis “entablado”, c’est une forme artistique, faite pour les démonstrations.
    • L’Arnis “jugado”, c’est le Kali Eskrima de compétition.
    • L’Arnis “matador”, c’est la Kali Eskrima qui va jusqu’à la mise à mort.
    • L’Arnis “guerrero”, est une forme raffinée de l’Arnis Matador

Le Doblete Rapilon

Le Doblete Rapilon peut-être traduit “doublés rapides”. Le but est de travailler sur des enchaînements blocages / attaques vifs. C’est un style très spécifique qui se base beaucoup sur l’attaque. Il se pratique à une ou deux armes. 

Ce style cherche à développer la vitesse et la puissance, et met l’accent sur le combat et l’efficacité.

Maintenant que vous en savez un peu plus sur le style pratiqué par François Guerrieri, parlons de ce que nous avons retenu de ce stage.

Les notions que l’on retient de ce stage avec François Guerrieri

Ces notions ont été travaillées durant tout le stage, mais nous vous en faisons part dans l’ordre dans lequel elles ont fait leur apparition.

Toutes ces notions sont transposables à l’ensemble des disciplines car François Guerrieri a veillé à parler “en principe”. De cette façon il s’est arrêté sur ce qui unit les Arts Martiaux pour que chacun puisse enrichir sa pratique à travers ce stage.

Le déplacement

La première chose que François Guerrieri a voulu nous transmettre est l’importance du déplacement. 

Avant même qu’il commence à nous enseigner, je l’ai vu pratiquer quelques mouvements. Et j’ai immédiatement été touché par la vitesse et la puissance qu’il arrive à déployer dans ses déplacements (j’entends ici le jeu de jambes).

Lorsqu’il se déplace il reste extrêmement compact et tout le corps suit d’un bloc. J’ai pour habitude de dire”il faut toujours que les jambes bougent ensembles, de façon à pouvoir répéter le même déplacement à l’infini”, cela était également au coeur de la pratique que nous avons étudiée durant ce stage.

Exercice de déplacement
Comme vous le voyez au flou, le déplacement est au coeur du stage !

C’est vraiment l’explosivité de ses déplacements qui m’a marqué. Il va très vite sans s’élancer pour autant, et cela même lorsqu’il court ! Eh oui ! En Kali on peut courir en frappant ! 

D’ailleurs on a fait un article avec une vidéo pour améliorer votre explosivité dans vos déplacements. On vous le met juste ici pour que vous puissiez vous entraîner. Vous y trouverez un mode d’entraînement très dense (moins de 10 minutes) et facile à mettre en place !  

Euh, José revient là on n’avait pas terminé… Tu iras voir cette vidéo après ! 

On a donc débuté le stage par des exercices de déplacement qui sont très proches de ceux que l’on peut retrouver en boxe.

La distance

On a beaucoup travaillé sur la distance. Ne pas perdre la distance par des jeux à deux, mais aussi veiller à ce que l’autre soit à bonne distance lors d’exercices plus techniques.

François Guerrieri donne des explications de distance

François Guerrieri l’a rappelé plusieurs fois : si mon adversaire n’a pas besoin de se déplacer pour frapper, cela devient complexe à éviter. De plus, celui qui attaque à toujours l’avantage (surprise, choix du timing). 

Il faut donc maintenir notre distance de sécurité, celle où l’on ne peut pas être touché tant que le partenaire ne se déplace pas.

L’esprit combatif

La notion de distance nous pousse à parler d’une autre tout aussi importante, celle de l’esprit combatif. 

Le combat était au coeur du stage que nous avons suivi. Tous les exercices sont faits de telle manière que l’on soit en posture de combattant. La forme est moins importante que le fond, on parle plus d’état d’esprit et de logique de mouvement que du mouvement en lui-même.

C’est quelque chose de très important. Il nous a parlé des trois étapes d’apprentissage selon lui (et nous rejoignons totalement sa vision). Premièrement, on apprend le geste technique. Deuxièmement, on s’entraîne à le répéter. Troisièmement, on le met en pratique, le but est de faire ce geste lors d’un exercice plus libre.

Rester sur l’avant

Que l’on avance ou que l’on recule, il est important de rester un maximum sur l’avant et de profil. 

Sur l’avant pour pouvoir frapper avec puissance et avoir de l’impact. Si votre poids est sur l’arrière vous ferez moins mal à votre adversaire.

Il faut rester un maximum de profil pour mettre nos zones vitales le plus en sécurité possible.

Un dernier élément sur la position, qui est loin d’être anodin ni facile à maîtriser, il faut garder le bâton devant soi.

Arythmie 

François nous a également beaucoup fait travailler sur le fait de “grappiller la distance sur le partenaire”.

Pour cela il nous a offert plusieurs clés.

La première est le changement de rythme. Si l’on doit éviter de s’arrêter on peut par contre ralentir et accélérer (même courir comme on l’a dit plus haut). Cela permet de casser le rythme de l’adversaire et de le surprendre.

La deuxième chose est de varier les déplacements. On peut se déplacer en ligne droite mais aussi en oblique par exemple. D’ailleurs il nous a présenté un exercice quevous pouvez retrouver sur notre chaîne You Tube.

La troisième clé est basée sur les mouvements constants des mains. Si ma main est immobile et qu’elle part, cela va “choquer” l’oeil du partenaire qui va réagir, mais si elle bouge constamment cela va moins le marquer. On peut ajouter tout le travail de feinte qui est fait autour de cela. Il a d’ailleurs évoqué différentes formes de feintes qui existent et qui sont très proches de celles de la Boxe.

La quatrième, qui fait l’essence même du style Doblete Rapilon, c’est le fait de frapper deux fois d’affilée. Soit dans le même angle soit dans un angle différent.

François Guerrieri : un animateur vraiment génial ! 

Au cas où vous hésiteriez à aller assister à un stage de François Guerrieri, on va vous dire pourquoi il faut y aller.

Entrée en matière vive

Pas le temps de s’ennuyer avec lui. On se met en pratique très vite et il vient nous conseiller avec patience et générosité. 

Les exercices sont ludiques et variés. François Guerrieri prend le temps de bien regarder le groupe et d’adapter les exercices au besoin.

Il organise son cours de façon très structurée pour que tout le monde ait un temps de travail maximum. 

Un humour permanent

Il reste vraiment humble et sait attirer l’oreille des élèves avec quelques blagues bien senties. Il est souriant et déstresse tout le monde même lorsqu’il travaille avec une vraie lame.

En plus d’un cours de Kali, vous avez une mini pièce de théâtre. Mais non José, pas la peine de ramener les popcorn non plus ! 

Une ouverture d’esprit et une vraie envie de partage

Photo de fin de stageIl est vraiment très sincère dans sa démarche. On voit qu’il a le souci de nous aider un maximum, sans aucune rétention d’information. Que l’on souhaite découvrir pour le plaisir ou que l’on soit un pratiquant assidu de Kali ne fait pas de différence pour lui, nous sommes ses élèves ce jour-là et il nous aide à progresser au maximum.

Voilà, cet article sur le stage de François Guerrieri touche à sa fin, si vous avez la moindre question vous pouvez bien entendu nous la poser dans les commentaires.

Si vous souhaitez d’autres retours sur différents stages que nous avons fait nous pouvons vous conseiller celui de Léo Tamaki pour découvrir ce que l’Aïkido Kishinkai à apporter à notre vision. Vous pouvez également consulter celui de Kawabe Takeshi-sensei qui vous explique comment Anne a réussi à appréhender la notion de relâchement d’une façon différente et vous en inspirer pour votre propre pratique ! 

Cet article est corrigé par Henri-Pierre Juguet. Nous le remercions pour son travail de qualité. Si vous aussi vous souhaitez un bon relecteur/correcteur, voici son adresse mail :

hpj.correction.redaction@gmail.com

À très vite ! 

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2 Commentaires

  1. Mille Mercis pour ce retour tellement élogieux et ce compte rendu qui montre la qualité de l’écoute lors du stage (et qui me flatte encore davantage que les éloges qui m’effraient toujours un peu). A propos de la vidéo, je ne saurais jamais trop recommander aux personnes de pratiquer un sport en salle sous la surveillance d’un enseignant qualifié. Pensez, lorsque vous matérialisez des trajectoires, à le faire avec un matériel adapté (lors du stage, j’ai fais avec “les moyens du bord” et pour moi-même). On risque vite de glisser en marchant sur une canne. Une bande de tissu (type ceinture de keiko gi) fait excellemment l’affaire.
    Une petite précision tant que j’y suis : ce déplacement oblique est davantage un déplacement de “cadrage” de l’adversaire qu’une “sortie d’axe”.
    Ce qu’on me voit effectuer dans la vidéo étant une cassure de la distance par la seule accélération du rythme de pas demeurés identiques…point parmi les différentes choses que nous avons travaillées comme le décrit si fidèlement le texte de cet article.
    Encore merci pour cette participation si active à ce stage et au plaisir de retravailler ensemble au partage des arts martiaux philippins. 🙂

    • Merci pour ce retour François !

      C’est avec sincérité que nous faisons ce retour !

      Tout à fait d’accord, on ne peut pas se passer des conseils d’un enseignant qualifié ! 😀

      Merci pour ces précisions du point de vue technique :).

      Au 26 avril 😉

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