Votre fille ou votre fils souhaite faire de la boxe thai, seulement il ou elle est encore (trop) jeune, pensez-vous ? Il y a un risque de blessure, son corps est encore frêle, peut-être que ce n’est pas une activité pour enfant.

Nous parlerons ici des bénéfices qu’un enfant a à tirer d’une pratique martiale. Le thème avait déjà été abordé dans l’article “pourquoi faire des arts martiaux ou des sports de combat”, mais des questions nous ont été posées. Nous ne parlerons donc pas d’exercices typiques, mais si cela vous intéresse, nous pouvons faire un article sur le sujet. Nous parlons d’une activité pour enfant, c’est à dire qui débuterait dès 3 ans (si le club a un cours adapté).

 

Enfant avec des gants de boxe

 

 

Avant toute chose, si vous connaissez un papa ou une maman qui hésite à mettre son fils au taekwondo ou à la boxe car ce n’est pas une activité pour enfant, alors partagez cet article avec lui (ou elle) !

 

Une activité pour enfant qui aide à l’apprentissage des règles sociales et lui permet de développer son autonomie

 

Lui créer un espace social différent

 

Les arts martiaux comme les sports de combat ont de nombreux avantages qui peuvent être utiles à vos enfants mais aussi vous permettre d’avoir de meilleures relations avec lui. Le fait d’être en permanence avec votre enfant ne l’aide pas nécessairement à développer une certaine autonomie, une activité externe devrait le faire !

Si vous vivez dans un “quartier chaud” et que votre enfant a du mal à s’épanouir, lui faire pratiquer un art martial ou un sport de combat peut l’aider à se construire.

Lorsqu’on enfile notre tenue, il n’y a plus de milieu socio-professionnel visible par le vêtement. C’est un excellent moyen pour lui de rencontrer d’autres personnes et de se créer de nouvelles fréquentations. C’est aussi le moment de s’émanciper, et de trouver sa place en tant qu’individu.

Il n’est plus dans le contexte habituel de l’autorité (la maison ou l’école). Il peut avoir un rapport plus complice avec son professeur de karate qu’avec son institutrice par exemple.

 

Règles de la vie en communauté

 

Il arrive qu’à certaines périodes de la jeunesse, la vie en communauté, et notamment ses règles, puisse poser des problèmes. Non fils de José, tu ne brûles pas cette nappe, elle ne t’a rien fait !

 

Compétition taekwondo enfant

 

Le dojo ou le ring sont d’excellents endroits pour apprendre les règles. Il y règne une atmosphère particulière qui fait qu’on est plus réceptif. Le fait de changer de lieu social fait que l’on accepte les règles.

Lorsque vous êtes disqualifié d’une compétition pour manque de respect au règlement, cela peut être très frustrant, mais c’est une bonne leçon. Ou encore, lorsque le professeur vous réprimande parce que vous n’avez pas salué le tatami en montant. Ce sont des petites règles, qui font que l’on apprend le cadre social tout en s’amusant.

Pour ces raisons que je pense que les arts martiaux ou les sports de combat sont une excellent activité pour enfant.

 

Lui donner confiance en soi

 

A l’opposé des fortes têtes, il existe des enfants très effacés qui ont besoin d’apprendre à s’affirmer. Leur faire pratiquer un sport de combat ou un art martial peut les aider à cela. Car il faut avoir confiance en soi pour se mettre debout, face à quelqu’un, avec l’intention d’en découdre.

Cette confiance peut aider vos enfants à se construire tout au long de leur vie. Ils apprennent notamment la gestion du stress, lors d’un passage de grade ou d’une compétition par exemple.

 

Enfant qui montre a un autre comment faire un mouvement

 

C’est aussi un moment où l’enfant apprend à vaincre ses peurs et à se dépasser. Pour ma part j’ai vaincu ma phobie grâce aux arts martiaux (je vous mets le lien de l’article ⇒ ICI).

Mais par exemple j’ai un élève qui est atteint d’un trouble du spectre autistique. Les parents sont étonnés de la façon dont il arrive à se rapprocher des autres en cours de ju-jutsu, il a pris confiance en lui de façon surprenante. Ce qui les a le plus marqués, c’est le fait qu’il me laisse le prendre dans mes bras sans rechigner, alors qu’ils ont du mal à lui faire un câlin plus de 3 secondes. Comme je leur disais, ce n’est pas le même rapport, mais c’est très appréciable de savoir que l’on aide un enfant à se sentir mieux !

 

Lui apprendre à gérer ses émotions

 

Enfin, les enfants ont souvent du mal à gérer leurs émotions, encore plus s’ils sont hypersensibles. Un enfant pratiquant un sport de combat va devoir gérer ses émotions. Si il gagne son premier combat et se laisse emporter par sa joie, il perdra le second.

De même, il va devoir apprendre à rester calme durant l’affrontement, ou durant sa pratique, pour ne pas perdre le contrôle.

 

Enfant qui crie

 

On a tous déjà vécu un moment où l’on été trop sûr de soi et on a échoué à quelque chose. Les arts martiaux apprennent à mettre un peu de distance entre nous et ce qui nous arrive. Certains disent des arts martiaux qu’ils sont une forme de méditation en mouvement. La méditation permet de remettre de l’ordre dans ces émotions et de mieux les gérer.

C’est pour cela que pratiquer un sport de combat ou un art martial est totalement une activité pour enfant, si l’enseignement y est adapté, bien entendu. Si vous commencez par faire faire des pompes à des enfants de 8 ans c’est qu’il y a un problème !

 

Se concentrer

 

La concentration est quelque chose d’assez difficile à obtenir, il est compliqué de se dire “bon maintenant ça suffit je suis concentré”. Seulement, lorsque vous pratiquez les arts martiaux ou les sports de combat, il faut être concentré, car vous n’êtes pas seul. Vous devez contrôler vos mouvements et ceux de votre partenaire, pour vous améliorer, mais aussi pour éviter toute blessure.

Si cela est compliqué pour un adulte, c’est encore plus difficile pour un enfant. Autrement dit, il va devoir apprendre à se concentrer et focaliser son attention. Cela en fait une excellente activité pour enfant, notamment ceux qui sont TDA/H ou hyperactif. Nous avons d’ailleurs écrit cet article sur le rapport entre le TDA/H et les arts martiaux.

Mais ces disciplines ont également des bénéfices physiques pour les enfants.

 

 

Une évolution physique, ou pourquoi les arts martiaux comme les sports de combat sont une activité pour enfant

 

Meilleure coordination

 

La coordination est le fait de réussir à faire deux mouvements en même temps. Certaines pratiques permettent de développer notre coordination, comme apprendre un instrument de musique. Pour moi les arts martiaux et les sports de combat sont également un excellent vecteur d’amélioration sur ce point.

Lorsque vous apprenez n’importe quelle discipline dans ce milieu, la coordination est nécessaire. Il faut être capable de se déplacer tout en faisant une action sur son adversaire (déséquilibre, frappe, blocage,etc…). Et parfois il faut être capable de faire plus de 4 choses en même temps.

Par exemple certaines projections demandent de :

  • se déplacer de façon circulaire
  • tirer son adversaire du bras gauche
  • pousser du bras droit sur le col de l’adversaire
  • balayer le pied
  • créer un léger déplacement sur l’avant avec les hanches

 

Enfant qui tombe du vélo

 

Bien sûr, on ne demande pas à un enfant d’intellectualiser tout cela, on va lui montrer le mouvement et il va le reproduire. L’homme est fait pour agir par mimétisme. Mais ce n’est pas parce qu’on ne lui dit pas de le faire qu’il ne va pas le faire. Autrement dit, il va améliorer sa coordination sans s’en apercevoir.

En quoi cela en fait-il une activité pour enfant me direz-vous ? Vous n’en avez pas ras le bol de le voir tomber parce qu’il a du mal à avancer un pied après l’autre, et d’avoir peur qu’il se fasse mal ? Voilà qui devrait lui permettre de s’améliorer dans un milieu sécurisé. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

 

Meilleur proprioception

 

La proprioception c’est la conscience physique que l’on a de son corps dans l’espace et des relations entre ses différents segments.

Dans tous les sports de combat ou arts martiaux, la proprioception est très importante. Il faut que je sache exactement comment mon corps se situe dans l’espace si je veux pouvoir engager une action coordonnée, avec mes propres membres mais également ceux de mon partenaire.

Pour votre enfant, cela va lui permettre d’éviter de se cogner sans arrêt à la table par exemple.

 

Enfant mettant un coup de pied

 

D’ailleurs, je pense qu’il y a un autre élément qui va développer cette notion, c’est le fait de regarder partout constamment. Lorsqu’on fait des arts martiaux, on doit être alerte à tous les indices nous laissant deviner les mouvements de notre partenaire. On doit être constamment vigilant.

Cela peut apprendre à votre enfant à mieux gérer ses actions, ne plus faire tomber son verre, ou peut-être lui faire prendre conscience que laisser un objet en coin de table est risqué ! Le service en cristal de Grand-Mère vous remerciera d’avoir mis votre fille au judo dans son enfance !

 

Apprendre à tomber

 

Dessin d'un homme qui tombe avec son assietteCes disciplines évitent à vos enfants de tomber, mais cela ne veut pas dire qu’il ne tombera plus jamais. Mais rassurez-vous, cela reste une très bonne opportunité, car votre progéniture va apprendre à chuter.

Non, je ne suis pas fou, ils vont apprendre à tomber au sol ! Mais, me direz-vous, on ne veut pas qu’ils tombent ! Vous êtes adultes, vous maîtrisez votre corps, et je suis certain que vous vous rappelez de la dernière fois que vous êtes tombé (ou que ce n’est pas passé loin). Le risque 0 n’existe pas !

Si vous mettez votre enfant à la lutte par exemple, qui propose une activité pour enfant bien entendu, eh bien il va apprendre à se réceptionner !

Il n’y a pas si longtemps sur notre page Facebook nous avons fait un post pour parler des “plus belles chutes effectuées dans la vie courante”. Vous seriez étonné, de voir le nombre de personnes qui se sont sorties de situations périlleuses (accident de vélo ou moto, chute sur un pont glissant, etc…) sans bobo. D’ailleurs, si vous aussi vous avez une chute à raconter, n’hésitez pas à mettre un commentaire.

 

Saut en parachute

 

Pour vous délier la langue je vous raconte la mienne. J’étais debout sur une barrière (1m50 de hauteur), et le sol était rocailleux et irrégulier. Je me suis coincé le lacet (qui n’était pas noué) et je suis tombé en arrière. Les personnes avec moi on fait une drôle de grimace (ils ont apparemment eu peur pour moi), mais j’ai fait une chute claquée type judo, et pas de bobo. Ah, si ! j’avais la main un peu rouge, mais comparé à ce que je risquais ce n’est pas grand chose !

Pour moi l’apprentissage des chutes est quelque chose de primordial. On remarque que vers l’âge de 8 ans l’enfant commence à éprouver des réticences à chuter, qu’il est moins à l’aise avec le contact au sol. Une activité pour enfant du type ju-jutsu par exemple, peut le réconcilier et lui éviter un mauvais réflexe !

 

Exercices de mobilités

 

Dans les arts martiaux et les sports de combat, la mobilité est importante. Si l’on veut réussir à surprendre son adversaire, il faut avoir le plus de mobilité possible.

Les arts martiaux vont aider vos enfants à se sentir mieux, plus efficaces et mobiles. Ils vont apprendre à se lever sans s’abîmer les genoux ou à bouger à 4 pattes sans se faire mal.

Vous vous demandez en quoi c’est super pour vos enfants ? Tout d’abord, ils vont se sentir bien dans leur propre corps s’ils le maîtrisent mieux. Surtout, il y a plus de chance qu’ils passent du temps à faire des jeux avec leurs amis, plutôt que de regarder des écrans, car ils auront une plus grande variété de jeux possible.

J’aime beaucoup faire le test suivant. Dans le premier quart de l’année je laisse les enfants jouer comme ils le veulent sur une partie du cours. En fin d’année je réitère. Il est amusant de voir combien les mouvements qu’ils ont appris dans l’année sont utilisés dans leurs jeux !

Voilà, cet article se termine, mais le sujet des enfants est inépuisable, donc si vous avez d’autres questions n’hésitez pas à nous les poser. Si vous vous demandez quel art martial (ou sport de combat) choisir comme activité pour votre enfant, lisez l’article !

A très vite !

 

 

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8 Commentaires

  1. Merci pour cet article très complet 😉
    J’ai même appris un nouveau mot : proprioception!
    Je suis entièrement d’accord avec toi, les arts martiaux ont de nombreuses vertues pour les enfants.
    J’ai moi-même mis mon fils au judo pendant 3/4 ans et ma fille à la boxe pendant qq semaines, mais elle n’a pas continué… Elle a préféré la danse, malgré tout, aucun garçon ne l’embete 😊 juste grâce à sa confiance en elle.
    Mon fils vient de commencer la boxe à 17 ans, je vois bien que cela l’aide beaucoup aussi.
    D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que beaucoup de chefs d’entreprises s’y mettent, même moi, j’y réfléchi pour la rentrée prochaine 😜

    • Merci Sophie pour votre partage d’expérience.

      Effectivement, les arts martiaux comme les sports de combat ne sont pas faits pour tout le monde, et c’est très bien ainsi. Cependant, je trouve intéressant ce que vous dites ;Même en quelques semaines elle à acquis une confiance en elle qui lui permette de ne pas se faire ennuyer !

      Si vous avez besoin de conseils pour trouver une discipline qui vous convient vous pouvez lire notre article : quel art martial choisir, ou bien entendu nous poser des questions ! =)

      A très bientôt.

  2. Pour moi qui pratique depuis l’enfance et qui a beaucoup enseigné à des enfants sur une trentaine d’années, je ne peux être que 100% d’accord avec cet article très bien développé. Les bienfaits des AM ou SdC sont indéniables. Dommage que certains parents ne prennent pas le temps de mieux s’informer et ne voient ça que sous l’œil du combat, de la violence, etc. Bien sur il y a aussi de mauvais pédagogues et c’est nécessaire de regarder le fond et la forme de ce qui est proposé à ses enfants.

    • Merci pour ce retour d’expérience ! Heureusement, de plus en plus de parents arrivent à prendre du recul par rapport à ces disciplines.
      Dominique Valera a pu commencer le karaté car sa mère trouvais que le kimono blanc allait très bien à son fils !

  3. Merci beaucoup pour ton article ;
    Ayant 5 enfants, je me suis pas trop posé de questions sur ce sujet quand mes enfants voulaient faire du judo. Mais là, la troisième qui a 14 ans qui s’est mise à la savate. Me fait un peu peur. Elle se fait allumer à l’entrainement et elle en redemande. Je t’avoue que parfois cela me fait peur.
    J’en profite pour te demander ton avis. Qu’en penses-tu ?
    Que dois-je comprendre de ce plaisir l’aller chercher les coups ? La dernière fois il a fallu qu’elle me raconte qu’elle avait saigné du nez deux fois pendant l’entrainement et qu’elle adore ce sport. Elle veut faire de la compétition. Heureusement pour moi pour le moment elle est trop petite.

    • Merci pour ce commentaire et ce partage d’expérience très intéressant.

      Effectivement, il est difficile de juger lorsqu’on est parent.

      Je peux cependant te donner quelques conseils.
      Tout d’abord, tu connais ta fille, est-ce que tu as l’impression que ça l’aide à se construire ? Si c’est le cas, je pense qu’il ne faut pas lui interdire l’accès à ce sport.
      Ensuite, je te conseillerais d’aller faire un cours avec elle, je suis certain que l’entraîneur acceptera. Tu découvriras certainement pourquoi elle aime ce sport et ce qui fait qu’il s’y plaît autant. J’ai eu des parents d’élèves dans le même cas que toi, mais une fois qu’ils ont vu leur enfant pratiqué ils ont changé d’avis. Certains ont même décider de s’inscrire.
      Enfin, tu as beaucoup de chance qu’elle ait pris la savate, car il y a deux types de compétitions. Une avec les coups appuyés et l’autre où les coups sont plus maîtrisés (tout est relatif). Cependant, sauf si cela venait à mettre son intégrité physique en danger, je te conseillerais de lui laisser faire ce qu’elle souhaite. Les arbitres ne sont pas des malades et bien souvent ils arrêtes les combats beaucoup plus tôt que les coachs durant les entraînements. La raison ? Les coachs connaissent les limites de leurs élèves. Encore une fois, le mieux est d’aller voir un cours ou une compétition.

      Pour ce qui est du fait de saigner du nez, certaines personnes sont très fragiles et saignent très facilement. C’est une zone du corps avec une forte irrigation sanguine et de fines parois, donc on saigne assez facilement. C’est d’ailleurs pour cela que c’est une cible far pour les combattants (saignement de nez = voix respiratoire obstruées = réduction des capacités physiques).

      En espérant que cela pourra t’aider à mieux comprendre la passion de ta fille. Si tu as d’autres questions n’hésites pas à les poser, je ferais au mieux pour t’aider. 😉

  4. Merci pour l article,

    J’aimerais que mes enfants pratiquent justement un art martial, ca apporte le sport, l’appartenance a une comunauté mais aussi (si on choisi bine le dojo 🙂 ) la discupline et le respect. J’ai fait du kendo et en effet la ritualistique et les codes de comportements apprit servent pour la vie.

    • Bonjour Stéphane et merci pour votre témoignage !
      Effectivement ce que l’on apprend au dojo ne sert pas qu’au dojo. Je n’ai jamais pu faire bien plus que quelques combats de Kendo, mais je ne perds pas espoir d’un jour pouvoir pratiquer régulièrement cet art martial !

      Vers quelle discipline vos enfants seraient attirés ?

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