Cet article participe à l’évènement “Les meilleurs livres pour accompagner les enfants » du blog www.apprendre-chaque-jour.fr. J’apprécie beaucoup ce blog, et mon article préféré est celui-ci.

Le tout premier cours enfant que j’ai eu à faire en tant qu’enseignant été un cours enfant. Mon sensei restait sur le côté et me donnait des conseils. Sans ces conseils je pense que je n’aurai pas réussi cette année à recommencer les cours enfant (que je n’avais pas fait depuis presque 7 ans). Parce qu’un enfant pratiquant de sport un combat ce n’est pas la même chose qu’un adulte, il y a de petites astuces que j’ai apprises, que ce soit pour aider les parents ou que ce soit les enseignants. Et je suis heureux de pouvoir vous les partager !

 

Compétition de taekwondo enfant

 

Si vous pensez que cet article peut aider un enseignant ou des parents, n’hésitez pas à partager cet article avec eux ! Si vous souhaitez savoir si les arts martiaux sont une activité pour les enfants, c’est ici que ça se passe.

 

 

Mes conseils pour entraîner un enfant pratiquant un sport de combat

 

Tout d’abord je n’ai pas la science infuse, loin de là. J’ai fait des expériences, et j’ai trouvé ce qui fonctionnait au mieux pour mes élèves. Ils ont entre 8 et 15 ans. Je n’ai pas de cours baby. Par contre j’ai pu assister régulièrement mon grand frère qui en a.

Ensuite, c’est la première année où je suis seul face “aux monstres” de 8 à 12 ans. Il m’a fallu m’adapter, car un enfant pratiquant un sport de combat n’a pas du tout la même vision qu’un adulte qui fait la même discipline. Donc n’hésitez pas à me partager votre expérience et me conseiller !

 

Préservez-les

 

Deux singes se tenant dans les bras

 

Ce conseil peut sembler inutile mais il est important de le rappeler. Nous sommes dans des sports qui nécessitent le contact, ce n’est une raison de leur faire faire des choses dangereuses.

Pour tout ce qui est autour de la préparation physique je vous conseille un excellent livre qui devrait vous permettre d’entraîner un enfant pratiquant un sport de combat sans qu’il risque de se blesser. Il s’agit du livre Préparation Physique du Jeune Sportif de Sebastien Ratel.

Je pense surtout aux sports compétitifs, qui peuvent user physiquement les jeunes, essayez de les préserver un maximum. Surtout si vous voyez qu’ils ont des douleurs qui semblent persistantes, arrêtez-les un peu. Une saison en moins ne ruinera pas leur chance de réussir, mais une saison en trop peut les empêcher de faire des compétitions sur le long terme !

N’ayez pas d’attente

 

Je tiens ça d’Armand Valle. Un jour où j’étais venu le voir enseigner à un cours enfant, il m’a dit “Avec les enfants il ne faut pas avoir d’attente. Bien sûr tu as des objectifs, mais si tu leur mets trop la pression ils ne réussiront rien.”

Et j’ai compris ce jour-là qu’il ne fallait pas trop en demander aux enfants. Si on leur met trop la pression, ils risquent d’abandonner. En judo, on considère qu’environ 1 personne sur 100 obtient la ceinture noire. Peut-être est-ce dû à cette pression qui finit par déstabiliser les enfants.

Mais le risque n’est pas que du côté de l’enfant: si vous aussi vous vous investissez trop envers eux, et qu’ils choisissent d’arrêter, vous pourriez être déçu. C’est pour cela qu’il faut garder une certaine distance, car sinon cela peut devenir fatigant pour vous.

 

Amusez vous

 

Photo de classe avec une grimace

 

Une règle qui découle de la précédente. N’ayez pas d’attente, mais ayez beaucoup de plaisir. Attention, plaisir ne signifie pas un manque de rigueur. Je suis très sérieux durant les cours (les parents me l’ont fait remarquer), mais les enfants passent un excellent moment d’après le retour de leurs parents.

On peut faire des activités ludiques, qui nous permettent de nous amuser tout en apprenant. Si c’est vrai avec les adultes, ça l’est d’autant avec les enfants ; c’est à vous de créer des jeux qui font que les enfants apprennent tout en s’amusant.

Anne vient parfois aux cours enfant pour s’entraîner en même temps qu’eux. Au début elle était déroutée, car ils avaient fait un jeu où ils devaient essayer de me faire chuter par groupe de 4. Durant cet exercice ils sont obligés de travailler leur équilibre, leurs chutes, l’esprit d’équipe et le regard périphérique (pour voir ce qui se passe autour d’eux). Mais elle a vite remarqué les progrès qu’ils faisaient dans ces domaines. Et les enfants adorent ça, ils en redemandent. Bien sûr on ne peut pas se cantonner à cela mais c’est déjà un bon début.

 

N’ayez pas peur

 

Les enfants n’ont pas nécessairement peur lorsque vous leur montrez quelque chose qui serait impressionnant pour un adulte. Mais si vous commencez à avoir trop peur alors vous allez ancrer celle-ci en eux.

C’est ici que se trouve la grosse difficulté avec un enfant pratiquant un sport de combat, il est difficile de savoir quel exercice lui faire faire pour qu’il progresse sans qu’il se blesse mais sans lui faire peur.

Mais c’est aussi pour cette raison que les enfants peuvent progresser beaucoup plus vite que les adultes. Ils n’ont pas de limites auto-assimilées, ils peuvent devenir tout ce qui leur plaira.

 

La question de la ceinture

 

Karatekas de dos

 

La ceinture est de plus en plus remise en cause. C’est pourtant la preuve que l’on progresse et que notre travail nous permet d’avancer. Mais j’ai prévu un article complet sur ce sujet !

Si les enfants progressent plus lentement ce n’est pas un problème, soit ils mettent plus de temps à passer une ceinture, soit on met des ceintures intermédiaires.

Par contre il est nécessaire que l’enfant sache qu’il peut échouer à un passage de grade. Il m’est arrivé de refuser des adolescents de 12 ans à leur passage. Il ne faut pas que la ceinture soit un cadeau mais une récompense !

 

 

Parents d’un enfant pratiquant un sport de combat, attention !

 

Chacun ses ambitions

 

Il m’est souvent arrivé de voir un enfant pratiquer un sport de combat ou un art martial uniquement à cause du désir des parents. Ils avaient eux-mêmes pratiqué et avaient également dû arrêter. Ils font alors reposer leurs espoirs sur leur enfant pour devenir ce qu’ils n’ont pas pu être.

C’est la même chose pour la compétition, il m’arrive de voir des enfants faire de la compétition sans vraiment en avoir envie. On les entend souvent dire qu’ils sont là pour faire plaisir à leurs parents. Je trouve triste d’agir ainsi. Donc, si vous êtes un parent qui lisez cet article, avant d’inscrire votre fils au judo, demandez-lui s’il en a vraiment envie.

D’ailleurs, vous pouvez lire notre article “Comment rester motivé comme Karate Kid” pour savoir gérer la motivation et la fixation d’objectifs.

 

Aidez-le

 

 

Père qui aide son fils à monter une bute

 

Si votre fille décide de devenir championne de boxe, essayez de l’aider. Je sais que cela peut paraître difficile, surtout un sport où l’on peut prendre des coups et parfois avoir des marques, mais si c’est son choix il est important de l’aider.

Il y a de nombreuses façons de l’aider. Par exemple, si elle a besoin d’un menu spécial vous pouvez manger la même chose qu’elle ça l’encouragera. Vous pouvez aussi faciliter ses déplacements en l’emmenant directement à la salle de sport. Un enfant pratiquant un sport de combat aura certainement des courbatures, un massage peut lui faire du bien. Il ne tient qu’à vous de trouver comment l’aider. Soyez certain qu’il vous le rendra au centuple, votre relation ne pourra que s’en trouver magnifiée et votre complicité renforcée.

 

Soutenez-le

 

 

Doigts d'un enfant et d'un adulte qui se touchent (façon Mickaël Ange)

 

Cela peut paraître redondant avec la partie précédente mais ce n’est pas tout à fait la même chose. L’aider, c’est agir pour lui faciliter la tâche. Le soutenir c’est lui montrer que mentalement on est présent pour lui. Non José, ce mégaphone n’est pas nécessaire dans ton dojo, même si ton fils passe sa ceinture aujourd’hui !

Un enfant pratiquant un sport de combat est soumis à beaucoup de stress et de contraintes. Savoir que ses parents sont derrière lui pour l’encourager, pour croire en lui cela change tout. Je me souviens d’un cours enfant (5 – 7ans) où j’assistais mon frère. Un petit garçon combattait sans hargne, mais dès que son papa est arrivé, ce n’était plus le même. Immédiatement il s’est concentré et est devenu bien meilleur.

Pour l’encourager le simple fait de lui demander comment se passe son entraînement, aller le voir de temps en temps sont des gestes importants et assez simples à faire. Pensez-y de temps en temps.

En plus, l’erreur est une marque de progression, mais cela peut être difficile à gérer pour un enfant. Pour pouvoir l’accompagner au mieux je vous conseille de lire cet article.

Voilà, j’espère que ces conseils vous seront utiles. Je remercie Stéphanie pour m’avoir laissé prendre la parole dans ce carnaval !

A très vite !

 

 

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