“- On va faire des arts martiaux ?
- Carrément, je suis prêt...
- Ok, prends de quoi noter !
- Hein, quoi, mais je suis en kimono je t’attends !"

 

Masque sur un visage

 

La préparation mentale fait partie intégrante des arts martiaux. Elle peut prendre diverses formes et c’est de cela que l’on va parler dans cet article. En fait, d’après la recherche actuelle(1), il semble que la préparation mentale soit un élément indispensable pour réussir à être au maximum de nos capacités. 

 

 

 

La connaissance de soi et de ses adversaires, la première préparation mentale

 

Se connaitre

 

Le fait de connaître ses propres limites, d’avoir réfléchi à ce dont on est vraiment capable ou incapable nous permet de mieux savoir comment travailler. Bien sûr, ce type de travail demande d’avoir un esprit critique envers soi-même et d’être capable d’être assez objectif (et non désolé, vous n’êtes pas capable de détruire une planète comme Goku).

 

Un livre sur une table avec des lunettes

 

Connaître ses adversaires

 

Connaître ses adversaires et la/les situation(s) auxquelles on risque d’être confronté permet de mieux se préparer à ce qu’on pourrait faire. Si vous faites un sport de combat, bien connaître les règles fait partie de la préparation. Si vous faites de la self-défense, comprendre comment agit quelqu’un qui est en situation d’agression pour pouvoir jouer sur son cerveau est tout aussi important. Il faut aussi avoir connaissance des risques, parce que si on ne les a pas en tête cela peut être vraiment dramatique.

Ce que vous en tirerez est assez intéressant. Vous allez comprendre quels sont vos défauts et vos points forts et vous saurez où travailler. Cela vous permet aussi d’anticiper, et d’éviter par exemple de vous retrouver dans une situation à risque (comme d’être entouré de chats, qui est une situation à hauts risques, si si j’en suis personnellement convaincu).

 

La visualisation, une autre façon de se préparer aux situations

 

Si vous avez déjà  visualisé ce que vous pourriez faire dans telle ou telle situation, alors, lorsqu’elle se produira vous aurez beaucoup plus de chances de réagir à temps et de façon logique.

Une étude (2) prouve que l’imagerie mentale (le fait, en psychologie cognitive, de visualiser quelque chose dans sa tête) permet d’aider les personnes qui ont des problèmes neuromusculaires (la connexion entre le cerveau et le muscle) à améliorer cette coordination. Pourquoi cela serait-il différent avec quelqu’un qui n’a pas de problème ? Je reste convaincu qu’une personne qui s’est déjà imaginée dans une certaine situation, agira plus facilement si elle se produit.

 

Homme qui pense sur un tronc d'arbre
Et s’il était en train de s’entraîner ?

 

De plus, l’émotion joue un rôle important dans la prise de décision. (2) C’est pour cela que les soldats doivent visualiser les combats avant d’y prendre part, afin de ne pas être totalement apeurés et d’avoir des réflexions ou réactions illogiques. Et c’est pour la même raison que la visualisation peut vous aider.

J’ai toujours aimé imaginer quelle serait la meilleure solution dans tel ou tel type d’agression (si la fuite est impossible, car elle reste la meilleure solution pour moi).

Je me souviens d’un jour où je vois un ami se faire agresser par un groupe de personne. Il était pratiquant de karaté, mais il n’avait jamais pensé à ce type de situation, il est resté figé, pétrifié (on verra un peu plus loin comment travailler là-dessus aussi). J’ai fait ce que j’avais imaginé dans ce type de situation, j’ai attrapé le chef de la bande en étranglement et je leur ai dit de partir s’ils ne voulaient pas qu’il lui arrive un problème. Une fois qu’ils ont reculé suffisamment je l’ai laissé tomber et je suis parti en courant. Mais je n’aurais jamais fait ça si je ne l’avais pas réfléchi, je pense que je n’aurais pas eu le courage d’agir.

Que ce soit pour les combats en règle ou la self-défense, il faut réfléchir aux possibilités avant qu’elles ne se produisent pour ne pas avoir à le faire durant l’action (José, attention à ne pas te faire une crampe au cerveau). Cependant, sans entraînement, la réflexion n’est rien. Ce qui va vous permettre de savoir si votre action vous convient est la connaissance de vous-même que l’on a déjà vu !

Patrick Roux, judoka, ancien champion d’Europe et médaillé de bronze au championnat mondial, se confie dans le magazine Yashima (3). Durant un période il a éprouvé des difficultés à trouver son calme ne compétition. Voici comment il a procédé pour atteindre son niveau :

"Ce qui m'a finalement permis de maîtriser ma difficulté et donc ces situations 
particulières à forte charge émotionnelle, c'est de découvrir comment une fois 
l'analyse des points clés de la tactique était clairement établis, je pouvais m'en 
servir pour des exercices de répétitions mentales. Ces clés de la réussite en 
compétition sont alors devenues pour moi des cibles, des buts d'exercices quasi 
quotidiens de concentration et de représentation mentale (ou imagerie). 
Cela m'a permis de relativement bien maîtriser mes émotions, mes pensées, ma 
détermination lors des compétitions, qu'il s'agisse de petits ou 
de grands évènements."

 

Comment vous préparez depuis chez vous ?

 

Le dépassement de soi, une préparation mentale nécessaire

 

Le fait de vous dépasser régulièrement est nécessaire pour votre préparation mentale. Que ce soit en ajoutant du stress à l’action pour pouvoir agir, de la fatigue, des handicaps (moins de lumière, plus d’adversaires, etc…). C’est ainsi que vous pourrez retrouver votre calme dans des situations critiques.

En fait, lorsque vous dépassez vos limites et que vous vous forcez à aller plus loin, c’est le moment où vous progressez. Mais c’est aussi un moment difficile, où votre rythme cardiaque risque de monter plus vite et donc vos mouvements vont se faire moins précis. Attention cependant à ne pas ajouter trop de facteurs à la fois, cela pourrait être dangereux. Si vous ajoutez trois agresseurs, qui attaquent à armes réelles je ne réponds plus de rien. 🙂

 

Homme qui fait des abdos
Se dépasser, c’est faire une répétition de plus quand je pense ne pas y arriver. C’est ça la force du mental.

 

Par exemple, en compétition vous aurez forcément un rythme cardiaque plus élevé qu’à l’habitude, avec l’adrénaline, le fait de ne pas être au même endroit que d’habitude, etc…

Si on fait une préparation mentale nous permettant de régulièrement sortir de votre zone de confort, en poussant vos limites, vous réussirez plus facilement à gérer ce stress. Si vous voulez des astuces, consultez notre article Sortir de sa zone de confort !

Un des exercices type que je trouve super pour ça, lorsqu’on est seul, c’est le HIIT. Parce que cela nous oblige à nous dépasser nous-même, à ne rien lâcher. On peut très bien l’enchaîner avec des exercices techniques. La préparation physique n’est pas nécessairement séparée de la préparation mentale. Le gainage fonctionne aussi, car il nous oblige à tenir le coup lorsqu’on n’en peut plus. Et nous sommes les seuls à pouvoir dire quand on baisse les bras.

 

La compréhension des principes, une chose importante pour la préparation mentale

 

Vous prenez un très bon judoka, un boxeur excellent, un merveilleux pratiquant de self-défense, qu’est-ce qu’il fait qu’ils sont bons ?

Ce ne sont pas leurs techniques, mais le sens du combat qu’ils ont, la compréhension des principes. C’est un ensemble de choses comme la distance, l’équilibre, le rythme. On retrouve ces éléments dans tous les sports de combat et les arts martiaux, et c’est ceux qui les maîtrisent le mieux qui sont souvent les plus forts.

 

Fille devant des exercices de physique

 

Si cela fait partie de la préparation mentale ce n’est pas forcément quelque chose de réfléchi. C’est quelque chose qui vient surtout en pratiquant.

Cependant, lire sur le sujet, essayer de le comprendre n’est pas nécessairement une mauvaise idée. Mais cela peut l’être si vous y réfléchissez durant le combat. Il faut réussir à intégrer ce que vous pouvez lire/entendre avant.

 

 

Comment va-t-on vous aider à faire votre préparation mentale ?

 

Rangée de livresTout d’abord, le fait que vous soyez ici en train de lire cet article est un premier acte de préparation mentale. Le fait que vous vous formiez, que vous vous renseigniez est une préparation mentale. On vous propose également des livres intéressants comme dans l’article les trois livres qui ont changés ma vie de combattant. On peut aussi vous proposer des moyens de retrouver la motivation pour vous entraîner comme dans l’article : retrouver la motivation quand tout va de travers.

Dessin d'un Sherlock HolmesDe nombreux articles vous proposent des réflexions sur les arts martiaux et les sports de combat, des façons de voir, et vous permettent de vous faire votre propre avis. On se construit dans l’échange. Cela fait aussi partie de votre préparation mentale. Par exemple vous avez l’article sur les questions récurrentes d’un débutant en art martial ou sport de combat.

Bien sûr nous aurons des articles qui vous proposerons des actions pour cette préparation mentale. Des exercices comme la méditation, des exercices spécifiques qui peuvent être très physique (comme certains HIIT). Si vous avez envie de vous faire suer regardez notre article Entraînez votre condition physique à la plage.

Enfin, nous vous proposerons aussi faire des articles sur des thèmes précis comme le rythme du combat (Hyoshi), la distance (ma-ai), les différents états d’esprits, etc… Ces articles pourront aussi vous conseiller des lectures.

Voilà, vous savez tout, vous n’avez plus qu’à travailler ! Ah si, vous pouvez aussi partager, mettre en commentaire vos questions et les thèmes que vous souhaiteriez que l’on aborde, et aimer l’article, car c’est grâce à vous que l’on peut aider un maximum de personnes.

A très vite !

 

1 La bible de la préparation mentale, de Christophe Targe avec la participation d’Ingrid Petitjean

1 : Efficience du travail mental sur le développement et le
recouvrement des capacités motrices – force musculaire
et imagerie motrice, de Florent Lebon 

2 : L’émotion et la prise de décision, de Delphine Van Hoorebeke 

3 : Yashima magazine, numéro 3 janvier 2019, p.40

 

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