Grâce au magazine Yashima, j’ai pu assister à un stage de Kunimasa Matsuba sensei. Vous le savez peut-être déjà si vous nous suivez sur Instagram ou Facebook vu que j’y ai déjà posté quelques photos.

Cet article va se découper en trois parties. Dans la première, je vous présenterai Matsuba-sensei et sa recherche, ou du moins ce que j’en ai compris. Dans la seconde je vous parlerai de ce que l’on a vu et appris dans ce super stage. Et je finirai par vous présenter le magnifique magazine Yashima qui m’a donné la chance d’y assister. Je tiens à préciser que nous ne sommes pas du tout sponsorisés et que ce n’est pas un placement de produit. 😉

 

Photo avec matsuba sensei

 

 

Matsuba sensei, un homme de l’ancienne école

 

Il m’a été très difficile de regrouper énormément d’informations sur Matsuba sensei. Si des erreurs apparaissent, n’hésitez pas à me le faire savoir.

Matsuba sensei apprend l’Aïkido jeune et avec beaucoup d’intensité, 5 à 6 heures par jour en moyenne. Il s’initie également à l’art du sabre. Il est aujourd’hui sixième dan en Aïkido, 5ème dan en Kendo et 5ème dan en Iaido.

Matsuba sensei est également un forgeron de katana et autres lames japonaises. Je vous mets le lien de son site.

 

Matsuba sensei qui vérifie un katana

 

Ce que j’ai compris de sa recherche martiale ?

 

Il cherche à travailler de manière réaliste, c’est-à-dire qu’il supprime ce qui ne sert à rien comme les mouvements trop amples ou trop courts. Il essaie de supprimer les forces inutiles et de travailler sur un relâchement réel, qui n’est pas à confondre avec un corps tout mou. Il encourage vivement les Uke (partenaires qui subissent la défense) à attaquer avec énergie, envie et sincérité.

Lorsqu’on le voit pratiquer, on a vraiment l’impression d’un style épuré, qui a enlevé ce qui était en trop. Mon maître, Armand Valle, dit souvent :

“Lorsqu’on est jeune, on veut ajouter des choses, cela rend notre art 
impressionnant. Mais lorsqu’on veut progresser on cherche la simplicité, 
on enlève ce qui est superflu”.

J’ai ressenti la même chose avec Matsuba sensei.

 

 

Un stage de Matsuba sensei très enrichissant et un peu frustrant

 

Un japonais très bavard

 

Matsuba sensei nous l’a annoncé dès les premières minutes du stage “Mettez-vous à l’aise, je suis très bavard”. Et il ne nous a pas menti. Enfin si, un peu. Car ce n’était pas du bavardage vide de sens, mais au contraire quelque chose de riche et de profond, ses paroles ont fait écho en moi.

Le revers de la médaille est que l’on n’a pas eu beaucoup de temps de pratique, et que la pratique que l’on a eue était solitaire (je reviens dessus un peu plus loin). Je pense que vous l’aurez compris au fil de ce blog, je suis un grand partisan de l’échange. Donc ma frustration vient juste de ce petit point. Mais c’est vraiment très léger car j’ai vraiment, beaucoup, beaucoup apprécié ce stage.

 

Matsuba sensei, un budoka dans le partage

 

Matsuba sensei nous a parlé sans chercher à nous dérouter. Il a été franc et honnête tout au long du stage. Il y a certains maîtres qui gardent leurs secrets, comme si les Arts Martiaux leur appartenaient et que le fait de révéler une partie de leur savoir les amputait de quelque chose.

Ce n’est pas du tout le cas de Matsuba sensei qui nous a parlé de l’évolution de son budo, de sa vision des Arts Martiaux, de la façon dont il s’est construit et de pourquoi il l’a fait de cette manière.

 

Matsuba sensei m'expliquant une erreur

 

Lorsque nous avons pratiqué, il a corrigé chacun d’entre nous avec bienveillance, et nous a donné de vrais conseils pour que l’on puisse s’améliorer. Cette sincérité m’a énormément touché.

De plus, s’il a une vision du budo qui lui est propre, il accepte que certains ne soient pas dans la même recherche et ne cherche pas à les amener à sa propre vision. Il leur donne tous les conseils qu’il peut, et c’est à eux d’en faire ce qu’ils veulent.

 

Ma première coupe durant le stage de Matsuba sensei

 

Lors de ce stage, la seule activité physique que nous avons eue est un court échauffement et un exercice de coupe sur des tatamis qu’il avait apporté du Japon. Je n’ai pas pensé à demander à Matsuba sensei si le sabre qu’il nous a prêté était de sa conception, mais je pense que oui vu qu’il avait fait le voyage avec.

 

Moi, tenant un sabre devant le tatami

 

C’était mon premier exercice de coupe, et grâce aux conseils de Matsuba sensei c’était moins catastrophique que je ne l’aurais pensé. Cependant, cela m’a permis de prendre conscience que mes coupes sont bien plus précises au niveau du shomen (visage) que du hara (le ventre). Je suis plus habitué à frapper le shomen. Ce qui fait que dans la frappe au niveau du hara je frappe plus fort et la lame ne taille pas droit.

Les conseils de Matsuba sensei étaient pourtant simples :

  • avoir un hara fort (bien gainer la ceinture abdominale)
  • les épaules doivent rester basses et ne pas trop se tourner
  • la main gauche doit être ferme sur le sabre
  • la main droite doit être relâchée.

Mais comme toujours, ce qui est le plus simple est le plus complexe à mettre en place.

 

Après ma première coupe

 

Je vais m’entraîner assidûment et je ferai mieux la prochaine fois ! Pour ça je vais utiliser les conseils de Matsuba sensei en m’entraînant seul à la maison !

 

Ce que j’ai pu observer durant le stage de Matsuba sensei

 

La première chose qui m’a marqué chez lui est sa posture, sa façon de se tenir. C’est toujours la même chez tous les maîtres de tous les styles. Le hara fort (sangle abdominale gainée avec une rétroversion du bassin) et les épaules relâchées. J’ai pu rencontrer une ancienne championne du monde de boxe française l’été dernier durant le festival des Arts Martiaux de Saugnac-et-Muret (40). Je l’ai identifiée dans le groupe à cause de cette même posture.

De tout le stage, Matsuba sensei n’a pas relâché cette posture, tout simplement parce qu’elle est naturelle pour lui. Je pense que cela est une clé énorme pour progresser, si le hara n’est pas fort, l’homme n’est pas puissant.

Une autre chose qui m’a marqué durant ce stage c’est le temps qu’il prend entre chaque phrase pour être certain que l’on comprenne bien tout. Je pense que je vais essayer de travailler là-dessus lorsque j’enseignerai. On a toujours l’impression de courir après le temps, si on donne quelques secondes de réflexion en plus aux élèves alors ils ont le temps de bien comprendre.

Enfin, j’ai été conforté dans mon idée que la participation à des stages est importante pour progresser. On découvre de nouvelles idées, de nouveaux exercices, peu importe le style ou la forme de corps. Il y a toujours des leçons à tirer !

 

 

Yashima magazine, un magazine par des passionnés, pour des passionnés

 

Qu’est-ce que c’est que Yashima magazine ?

 

Yashima magazine est une revue trimestrielle. Elle paraît sous deux formats, classique et exclusif. L’offre exclusive permet d’avoir un papier de meilleure qualité, des articles supplémentaires et… un accès à des évènements comme ce stage. Et en plus, ce magazine est à un prix que je trouve abordable. Vous pouvez retrouver toutes les informations en suivant ce lien.

 

Couverture du magazine yashima_tome2

 

Qu’est-ce qui me plaît dans ce magazine ?

 

Tout d’abord, on n’y parle pas exclusivement d’Arts Martiaux (même si c’est le gros du sujet). On y parle de culture martiale, de l’histoire de certains arts martiaux, on y trouve aussi des portraits de maîtres. La culture japonaise nous est partagée à travers la rencontre avec des chefs de cuisine, ou des maîtres en shiatsu par exemple. Bref, on comprend un peu mieux l’univers du pays du soleil levant.

La deuxième chose qui m’a séduite, c’est le fait qu’on rentre dans le fond des Arts Martiaux. On ne s’arrête pas en surface. Par exemple, les deux premiers volumes ont pour thème Hyoshi, le rythme dans les arts martiaux. Ce sont des experts qui en parlent, et qui ont le temps d’exposer leur avis dessus (environ deux doubles pages par expert, et uniquement sur le thème, on ne perd pas de temps en parlant d’autre chose).

C’est ce qui fait que ce magazine a tout à fait sa place dans la préparation d’un artiste martial mais aussi d’un pratiquant de sport de combat. La notion de distance est toute aussi importante en boxe qu’en aïkido.

 

Photo avec Léo Tamaki

 

Enfin, de nombreux contributeurs sont de grands pratiquants d’Arts Martiaux, tout comme les personnes qui sont interviewées (Mochizuki sensei dans le volume 1, Yoshimitsu sensei dans le volume 2). Le premier des grands contributeurs que j’ai pu rencontrer est Léo Tamaki sensei, lors du stage de Matsuba sensei. Il m’a d’ailleurs invité à passer à son dojo, ce que je compte bien faire, dès que l’occasion se présentera. Bien sûr je vous dirai tout sur cette expérience et mon ressenti !

Si ce type d’article vous plaît faites-le-nous savoir dans la barre des commentaires. Vous serez peut-être aussi intéressé par notre article Sortir de sa zone de confort. Si vous avez des dates de stages intéressants n’hésitez pas à nous les partager ! Vous pouvez aussi partager cet article si vous pensez que cette rencontre avec Matsuba sensei, ou le magazine Yashima, peuvent intéresser un de vos amis !

Je vous dis à très vite. =)

 

 

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