Nous participons encore une fois à un carnaval d’articles, cette fois sur le thème “Sortir de sa zone de confort”. Je rappelle le principe pour ceux qui ne connaîtraient pas, un blog accueille plusieurs articles de divers blogs sur un thème. Si vous voulez plus de renseignements, c’est ici. Aujourd’hui c’est le blog du Bear Trotter qui nous accueille, c’est un blog sur la dégustation de la bière, donc n’hésitez pas à aller y faire un tour !

Pied avec une tasse de café

 

La zone de confort est définie par Bardwick comme « l’état comportemental d’une personne qui choisit de vivre dans une position neutre d’anxiété. ».(1) Autrement dit c’est une zone où l’on se sent bien, où l’on n’est soumis qu’à un stress minimal. Nous allons voir pourquoi il est intéressant de sortir de sa zone de confort et comment faire.

 

 

 

Pourquoi sortir de sa zone de confort

 

La zone de confort, un luxe pédagogique

 

Et oui, la zone de confort est souvent critiquée. Mais avant de vouloir sortir de sa zone de confort, on va se demander rapidement, pourquoi y entrer.

 

Femme dans une piscine

 

La zone de confort peut avoir un effet stimulant. Quand vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangé, cela peut être stressant d’aller s’entraîner, surtout quand le coach peut être… énergique. Donc, si on sait ce qui va nous arriver, cela peut nous pousser à aller nous entraîner.

L’autre avantage, c’est que l’on peut avoir des habitudes d’entraînements ! Et ces habitudes peuvent vous permettre de progresser sur un point technique, de faire un travail de fond !
Donc la zone de confort n’a pas que du mauvais, loin de là !

 

Sortir de sa zone de confort pour échapper aux habitudes

 

Dans les sports de combat et les arts martiaux, les habitudes ne sont pas toujours bonnes. Par exemple, si je sais que mon partenaire habituel baisse son poing gauche avant de m’envoyer un crochet je vais agir en conséquence, et j’aurais raison. Mais si je m’entraîne toujours avec lui, lorsqu’en combat je vais voir quelqu’un baisser son poing gauche, et que j’ai l’automatisme acquis se met œuvre cela peut être problématique. Parce que mon adversaire va peut-être frapper avec un low-kick ou un uppercut.

 

Image satellite d'un cataclysme
Ce qui se passe dans votre pratique martiale lorsque vous sortez de votre zone de confort !

 

Les habitudes peuvent être une bonne chose, mais elles peuvent être un frein à notre progression. C’est aussi ce qu’il se passe quand les partenaires chutent par manque de sincérité. Bien sûr que le partenaire est là pour nous aider à progresser, il doit donc apporter une résistance raisonnée. Il vaut donc mieux qu’il ne chute que si la technique est bien faite (pour le niveau du partenaire). Mais on consacrera un, voir plusieurs articles sur le rôle important du partenaire pour progresser.

 

Sortir de sa zone de confort pour subir du stress

 

Comme on le disait précédemment, la zone de confort supprime le stress. C’est donc un atout si l’on veut travailler de manière détendue. Mais, dans le cadre d’un cours de self-défense, si on ne sort pas de sa zone de confort on ne travaille pas vraiment sur le cas d’une agression. Parce que je suis certain que le jour d’une agression, vous allez être stressé (ou sinon donnez-moi la recette de votre tisane).

C’est pareil pour un compétiteur, le jour du tournoi, vous allez avoir le cœur qui va battre la chamade. Et même si vous restez relativement calme, vous ne serez pas dans votre zone de confort. C’est pour cela qu’il faut prendre l’habitude de sortir de sa zone de confort!

 

 

Comment sortir de sa zone de confort ?

 

Pour sortir de sa zone de confort il suffit de changer un élément de l’entraînement. Je vais vous donner quelques exemples de choses que vous pouvez faire pour vous déboussoler. On va voir des actions ou exercices que vous pouvez faire seul, en groupe, ou encore en tant qu’enseignant. Vous pouvez bien sûr cumuler plusieurs procédés !

 

Changer de salle d’entraînement

 

Un ring avec une femme

 

Allez assister à un cours d’une même discipline, mais ailleurs. Par exemple, vous faites de la boxe anglaise à Paris, mais vous êtes en vacances sur Nantes. Prenez vos affaires et trouvez une salle de boxe anglaise sur place. Je vous conseille de téléphoner avant de vous y présenter.

Cela va être déroutant pour plusieurs raisons. Vous allez devoir boxer devant des personnes que vous ne connaissez pas du tout, et cela peut être très stressant. Vous allez aussi rencontrer d’autres techniques pédagogiques, et subir un cours que vous ne connaissez pas du tout. Du coup, vous n’êtes plus du tout dans votre zone de confort.

Par contre je déconseille ce système à un débutant le plus total, car les explications peuvent changer d’un professeur à l’autre et cela peut être trop déroutant.

 

Faire venir un autre enseignant dans votre salle

 

Dans la même lignée que l’idée précédente mais plus soft, si vous êtes professeur vous pouvez faire venir un autre instructeur dans votre salle. Vos élèves ne connaîtront sûrement pas l’enseignant, mais ils connaîtront la majorité des pratiquants, et les lieux. Si vous êtes élève vous pouvez le proposer à votre sensei. 😉

Enfant avec des gants de boxe
Un coach qui pourrait en perturber plus d’un !

C’est moins perturbant, mais cela peut vous décontenancer quand-même. Cette méthode est plus adaptée à un débutant car il se retrouve avec ses partenaires habituels, qui vont le guider s’il ne comprend pas les explications du nouveau professeur.

 

 

Et vous le savez certainement si vous suivez notre blog depuis un moment, l’échange est quelque chose d’important pour moi.

 

Assister à un stage

 

Un stage, c’est différent d’un cours. Il y a de nombreuses personnes que l’on ne connaît pas. On ne connaît pas non plus (ou très peu) l’enseignant et de la salle.

Dans un stage le professeur peut prendre plus de temps pour parler et expliquer sa vision de la discipline que dans un cours normal. Souvent les stages sont aussi plus longs qu’un cours classique, ce qui peut être plus fatigant que d’habitude.

Cependant, on reste sur une discipline que l’on connaît, on n’est pas spécialement dérouté par les mouvements. C’est pour cela que les stages sont toujours aussi présents aujourd’hui. Pour ça, et aussi pour nous permettre de rencontrer des professeurs que l’on ne croiserait pas forcément en d’autres occasions.

Si vous souhaitez rendre la chose plus dure, il vous suffit d’assister à un stage d’une discipline différente avec des amis. Vous gardez un côté rassurant grâce aux partenaires que vous connaissez.

 

Boîte de nuit
À plusieurs c’est plus sympa !

 

Le niveau encore au-dessus c’est d’assister à un stage d’une autre discipline seul ! Cela peut être très perturbant. Je viens justement de faire un stage de coupe au katana avec Matsuba-sensei (un article va être disponible sur le blog). Je n’avais jamais pratiqué la coupe auparavant. Donc lorsque vous devez couper pour la première fois devant une assemblée de personnes dont vous connaissez le nom comme Léo Tamaki, je peux vous dire que vous n’êtes plus vraiment dans votre zone de confort. Et j’adore cette sensation. C’est vraiment un excellent moyen de progresser.

 

S’entraîner en extérieur

 

Sortir du dojo, c’est déjà sortir de sa zone de confort.

Dans notre école le maître pratique régulièrement des stages en extérieur. Et c’est un vrai plaisir de s’entraîner dehors. Mais c’est aussi enrichissant martialement parlant. Le sol n’est plus plat et lisse, il a des aspérités, qui peuvent vous faire tomber. Il peut être humide et glissant.

 

Rue pavée détrempée

 

Il y a aussi le soleil qui peut vous aveugler. Le fait que vous portiez des chaussures peut aussi être gênant. Bref, ce sont autant de problèmes qui vous font sortir de votre zone de confort.

Ah, oui, j’allais oublier, il y a tous les petits curieux qui peuvent venir vous voir et ça peut vous perturber complètement ! Et parfois, c’est aussi le moyen de faire une super rencontre. Lorsque j’étais à la fac je squattais souvent le dojo de l’université qui était libre. J’ai fait de super entraînements avec des kendoka, des taekwendoka, des boxeurs que je ne connaissais pas mais qui avaient eu la même idée que moi !

 

Faire plus de physique

 

Alors cette solution, c’est pour tous les José qui trouvent que c’est trop facile de faire les exercices. Fatiguez vos muscles avant la séance ou en début de séance. Faites quelques séries de pompes, d’abdos, de squats, etc… Vos muscles étant plus fatigués, il va être plus difficile de réussir vos mouvements.

 

Un homme qui soulève un pneu de tracteur

 

Eh oui, c’est aussi sortir de sa zone de confort que de s’entraîner lorsqu’on n’a pas la forme. J’ai souvent entendu les maîtres dire que les jours où l’on n’est pas en forme sont les bons jours pour s’entraîner. Je me suis longtemps demandé pourquoi. J’ai compris que ça nous permettait de rendre difficile ce qui est habituellement facile. Et ça travaille notre mental au passage.

 

Augmenter la cadence

 

Femme se préparant à courrir

 

Vous vous sentez à l’aise pendant votre entraînement. Il est peut-être temps d’augmenter la cadence ! Demander à vos partenaires d’attaquer plus vite, de faire moins d’appels. Quant à vous, forcez-vous à faire plus vite votre technique. Vous allez ainsi pouvoir sortir de votre zone de confort.

Par exemple, dans notre école on a un exercice qui nous permet de nous dépasser. On choisit une technique sur une attaque prédéterminée (ou le sensei nous l’impose). On doit réussir à la faire 10 fois en 20 secondes. Et sur ces 10 fois, au moins 8 doivent avoir un niveau d’exécution suffisant pour notre grade. Autant dire que réussir cet exercice est tout sauf facile !

 

Changer de mode de pratique

 

Vous êtes habitué à travailler à deux ? Prenez deux partenaires. Faites du cardio avant de faire vos exercices. Bref, perturbez-vous.  

Homme ivre
Je buvais pas M’sieur l’agent, je m’entraînais !

Voici quelques façons de sortir de sa zone de confort tout en s’entraînant à votre endroit habituel ! Mais ce n’est pas exhaustif du tout :

  • pratiquez dans une autre tenue
  • pratiquez dans la pénombre
  • faites 10 tours sur vous-même avant de vous faire attaquer (super exercice pour travailler une agression en état d’ébriété)
  • fermez les yeux et votre partenaire pousse un cri au début de son attaque

 

 

 

Se donner des défis

 

Lancez-vous des défis à vous-même. Interdisez-vous d’utiliser votre technique préférée, ou obligez-vous à travailler telle ou telle entrée. Si c’est très contraignant, c’est aussi un très bon moyen de progresser.

 

Enfant qui fait un jeu de réflexion


Vous pouvez choisir de ne faire des entrées que du bras arrière, ou de ne faire tomber que par un fauchage. L’avantage, c’est que vous n’allez travailler que sur une chose, et du coup vous allez la travailler à fond !

Vous pouvez aussi vous mettre d’accord avec votre partenaire. Ou ne rien lui dire, après tout on peut être timide aussi. ^^

Voilà, vous avez quelques idées pour sortir de votre zone de confort, que cela soit pour un sport de combat ou un art martial. À vous de trouver ce dont vous avez besoin !

Je vous dis à très vite !

 

1 : Judith M. Bardwick, Danger in the Comfort Zone: From Boardroom to Mailroom–how to Break the Entitlement Habit That’s Killing American Business, AMACOM Div American Mgmt Assn, 1995 (ISBN 978-0-8144-7886-8, lire en ligne [archive])

 

 

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