S’évaluer est quelque chose de très important si l’on souhaite atteindre ses objectifs

Si vous ne prenez pas le temps de savoir où vous en êtes dans la réalisation des tâches que vous souhaitez effectuer, vous ne pourrez pas vous ajuster et améliorer votre progression. Mais c’est surtout le moyen d’appliquer les choix que vous avez faits, car constater des résultats est un très bon moyen de rester stimulé

Avant d’aller plus loin, pour appliquer vos choix, il faut savoir pourquoi vous les faites. Et c’est pour cela qu’il est nécessaire selon moi que vous sachiez exactement où vous souhaitez aller. Pour cela il est extrêmement important que vous ayez des objectifs clairs et que vous sachiez les définir correctement. Pour vous y aider nous avons écrit plusieurs articles sur ce thème :

Cette vidéo peut également vous aider à comprendre les différentes formes d’objectifs qui existent.

Qui devrait porter attention à la façon de s’évaluer ? Pour qui cet article est-il intéressant ? 

  • ceux qui ont l’impression de stagner malgré un entraînement régulier
  • ceux qui ne savent pas trop s’ils vont dans la bonne direction
  • ceux qui ont un objectif précis (compétition, grade, santé, etc.,..)  et qui veulent vraiment le réaliser
  • ceux qui travaillent beaucoup en autonomie et qui font beaucoup de recherches
  • ceux qui évaluent les autres, cela peut les aider à mieux définir leurs évaluations.

Avant d’aller plus loin nous vous rappelons que vous pouvez télécharger gratuitement : 

  • votre méthode de souplesse (une vidéo et un e-book) dédiée à la pratique des Arts Martiaux et Sports de Combat
  • 3 e-books avec 15 experts internationaux sur le thème “Comment faire évoluer votre pratique

S’évaluer, oui mais pourquoi et comment ?

Pourquoi s’évaluer

La première question qui vient lorsqu’on parle de s’évaluer est le pourquoi. En effet, si on n’est pas dans une recherche compétitive, l’évaluation ne serait-elle pas alors un moyen de flatter l’ego ? 

Il faut bien différencier le fait de s’évaluer et de se comparer aux autres. Une évaluation a pour but d’observer sa propre progression, autrement dit, on s’attarde uniquement sur son parcours. Le but n’est pas de vous placer par rapport à d’autres mais par rapport à votre propre chemin. Lorsque vous vous comparez aux autres vous êtes dans une recherche de performance par rapport aux autres ce qui peut créer du conflit ou des injustices. 

Mais qu’est-ce que cela va vous apporter de vous évaluer ?

1 : vous vous assurez que vous progressez dans la bonne direction. Le fait d’observer votre évolution vous permettra de vérifier que vos entraînements vous emmènent vers les objectifs que vous souhaitez atteindre. 

2 : cela nourrit votre motivation. Avoir pratiquer des évaluations régulières (attention à ne pas trop en faire non plus) permet d’avoir des objectifs proches et de rester motivé. De même savoir que “notre travail paie” permet d’éviter la démotivation, car vous savez que ce que vous faites vous permet d’aller là où vous souhaitez vous rendre. 

3 : cela permet d’ajuster. Si vous remarquez que vous ne progressez pas, ou que vous n’arrivez pas à suivre, cela permet de réguler vos entraînements afin de progresser correctement ou d’éviter la blessure. 

Anticiper l’évaluation

L’évaluation ne doit pas être décidée au hasard, au bout d’un certain temps d’activité. Cela pour plusieurs raisons : 

  • savoir ce que l’on va évaluer va permettre de s’entraîner dans la bonne direction
  • il faut avoir un référentiel. Imaginons que vous vouliez évaluer votre vitesse de fréquence gestuelle de coups de poing sur 10 secondes. Il faut d’abord évaluer le nombre de coups de poing que vous pouvez donner avant votre planification (par exemple en faisant une moyenne sur 3 passages avec 5 minutes de repos entre deux) et faire la même chose à la fin de votre cycle d’entraînement. Si vous n’avez pas fait le premier test, le second n’aura pas de sens, car vous ne pourrez pas observer votre progression.
  • avoir une date de fin. Lorsqu’elle n’est pas anticipée l’évaluation peut facilement être reportée. Au contraire, si elle fait partie de votre planification vous devrez vous retrouver face à vous-même à un moment précis. 

Bien entendu, ce n’est pas quelque chose d’évident et si vous avez besoin d’aide dans cette planification, vous pouvez nous envoyer un mail à contact@corps-et-esprit-martial.com. Et, si vous en ressentez le besoin, on peut même vous accompagner lors d’un coaching.

Enfin, un point important est d’avoir un carnet d’entraînement pour noter ses progressions et évaluations. 

Évaluation, punition et frustration

On voit souvent l’évaluation comme un élément source de stress, parfois même comme une punition. C’est pourtant nécessaire à l’apprentissage. Mais pourquoi est-ce ainsi et comment transformer cette vision ? 

La première raison est que depuis notre plus jeune âge, à l’école par exemple, l’évaluation sert à nous placer par rapport aux autres, et échouer est mal perçu.
Je me rappelle que durant mes cours à l’école primaire il était mal vu d’être redoublant. De même, réussir trop bien nous rend détestable aux yeux des autres, on devient “l’intello de service”.
Cela est dû au fait qu’il s’agit souvent d’évaluations comparant les élèves aux autres et non à eux-mêmes. 

mot test sur ardoise

Prenons un exemple concret. Deux enfants sont évalués dans leur capacité à faire des additions. Le premier, qui maîtrise déjà l’exercice, fait aisément le devoir, alors que le second, qui ne le maîtrise pas du tout, échoue. Le premier aura alors une note excellente et le second une note mauvaise. Maintenant, avec le principe d’évaluation que je vous propose, le premier aurait eu des additions plus complexes et le second des additions plus simples. Ou alors, ils n’auraient pas eu le même temps. Cela est injuste me direz-vous ? Je pense au contraire que c’est juste, car cela permet à chacun de progresser et de valoriser les efforts. Bien entendu, cela est extrêmement complexe à mettre en place dans une classe de 30 élèves, mais cela est plus simple dans le cadre d’une pratique martiale.

La deuxième raison qui fait que l’on n’aime pas échouer  est que l’’échec est très mal perçu. 

Celui qui échoue est mauvais, il n’a pas assez travaillé ou il n’est pas assez doué. Mais cela est encore une fois une mauvaise appréciation de cette expérience. Pour progresser l’erreur est obligatoire (on doit d’abord apprendre à faire des choses que l’on ne sait pas faire et, de ce fait, se tromper). 

Pour changer votre vision de l’erreur, on y a consacré un article complet.

Pour éviter cela je vous invite vraiment à anticiper les évaluations, mais aussi à réfléchir aux résultats (pourquoi avez-vous réussi ou pas, qu’avez-vous mis en place qui vous semble inutile a posteriori, qu’auriez-vous pu améliorer ?). Il faut aussi que les évaluations soient agréables. Ce n’est pas parce que vous vous évaluez que vous devez le faire sans plaisir. Bien sûr, un passage de grade provoque toujours un peu de stress, mais il est possible de le vivre avec beaucoup de plaisir. Si vous avez besoin de conseils, n’hésitez pas à nous le dire en commentaire ! 

S’évaluer du point de vue physique

Évaluer ses performances

Il est intéressant d’évaluer vos performances physiques, c’est-à-dire ce que vous êtes capables de faire en quantité. À quelle hauteur êtes-vous capable de sauter ? Quelle vitesse pouvez-vous atteindre ? Combien de temps pouvez-vous combattre face à un adversaire précis  ?

Cela va vous permettre d’avoir des références, mais aussi de détecter vos points forts et vos points faibles.

Cependant, pour bien le faire je vous invite à utiliser les données les plus neutres possible. N’y mettez pas de jugement personnel ou de sensation. Il s’agit ici de prendre des éléments très pragmatiques. Vous voulez être capable de frapper un coup de pied circulaire à telle hauteur, vous y êtes arrivé ou pas. La sensation n’a pas d’importance ici. 

Vous l’aurez reconnu, il s’agit en fait d’un objectif de fin. Tout comme le fait d’arriver sur le podium à une compétition. 

Évaluer la qualité

C’est dans ce type d’évaluation que l’on va pouvoir placer les sensations et les impressions. Avez-vous eu un meilleur équilibre sur vos coups de pied ? Êtes vous plus détendu ? 

Ces évaluations sont, pour moi, les plus importantes pour progresser techniquement. En s’attardant sur les sensations, sur les ressentis, vous êtes à même de sentir dans quelle direction vous devez vous entraîner pour passer au niveau supérieur. 

Comment créer et utiliser ces évaluations ? 

  • auto-évaluez-vous régulièrement sur vos ressentis (par exemple à chaque fin de cours avec un carnet d’entraînement)
  • prenez le temps de vous focaliser sur certains points et de les évaluer de la façon la plus neutre possible (par exemple en vous filmant), afin d’observer des éléments qui peuvent laisser entrevoir votre progression (plus d’équilibre, une meilleure gestion du souffle, etc.,..)
  • entourez-vous de personnes qui vous donnent un avis neutre et bienveillant. 

Prenons José par exemple. S’il note à la fin de ses barbecues la façon dont il a fait griller les merguez et le résultat, c’est pour en améliorer la cuisson. De même s’il demande l’avis des autres c’est parce que son goût ce jour-là est altéré pour une raison autre ou qu’ils peuvent avoir des conseils pertinents. 

D’un point de vue martial, c’est la même chose. Parfois, on a l’impression d’être détendu mais ce n’est pas ce qui transparaît dans notre attitude et comprendre pourquoi il y a ce décalage peut vraiment aider à progresser. 

Évaluer la fatigue

Ce point est très important pour éviter le surentraînement et les blessures. Il y a des éléments simples qui permettent d’évaluer votre fatigue.

1 : votre ressenti. Il n’est pas à négliger, car c’est bien vous qui habitez dans votre propre corps. 

2 : votre fréquence cardiaque au repos. Une augmentation de plus de 10 battements / minute de 3 jours consécutifs sont le signe d’une fatigue qui s’installe.

3 : l’irritabilité. Si vous remarquez que vous êtes facilement irritable c’est certainement que vous êtes plus fatigué que d’habitude. 

Ce point est vraiment important, car en surveillant ces 3 éléments on peut facilement éviter beaucoup de blessures. C’est pour cela que je vous invite à partager au maximum cet article autour de vous.

Évaluer son évolution mentale

Évaluer son mental, c’est observer son esprit dans certaines conditions et voir si l’on progresse dans la direction souhaitée. 

Par exemple : vous souhaitez être plus calme lors d’un combat, ou alors réussir à développer plus d’agressivité. Ou vous avez envie de mieux gérer le stress. 

S’auto-évaluer

La première chose à faire est de s’auto-évaluer. Est-ce que vous vous êtes senti plus en confiance, ou plus serein lorsque vous avez dû présenter votre kata ? Ou peut-être avez-vous réussi à être plus défensif dans votre attitude lors du dernier combat ? Cela peut également porter sur les techniques en elles-mêmes, comme le discours interne, le switch.

Il est très important de prêter une attention particulière à ces éléments pour pouvoir progresser. 

Dans ce cadre d’auto-évaluation j’aime beaucoup utiliser les échelles de notation, car elles permettent de donner un élément tangible auquel se raccrocher. Cette échelle peut être une note de 0 à 10 ou un code couleur par exemple. 

Voici une illustration pratique. Si vous stressez avant une démonstration, évaluez ce stress de 0 à 10, 0 correspondant à “aucun stress” et 10 un stress qui vous paralyse. Mettez en place des outils (routines, exercices de confiance en soi, etc.,..), et réévaluez-vous quelque temps après leur mise en place. Observez l’évolution et l’usage des outils, puis ajustez votre préparation mentale.

Si vous avez besoin d’aide pour créer une auto-évaluation, dites-le nous en commentaire on vous aidera avec plaisir. 

Demander l’avis de quelqu’un

Femme qui frappe un homme avec des gants de boxe

Comme pour la préparation physique, le fait d’avoir un avis externe bienveillant est extrêmement important. Si vous pensez être détendu mais que votre corps reflète un stress, c’est qu’il y a un problème de perception d’un côté ou de l’autre. 

De plus, lorsqu’on travaille sur un point, on peut en délaisser d’autres. Par exemple, vous pouvez être plus serein mais aussi moins concentré. Et, peut-être que vous ne vous en rendrez pas compte mais qu’une personne externe pourrait mettre le doigt dessus.

Cela m’est personnellement arrivé à un moment où je m’entraînais à être plus dans l’instant présent, plus en osmose avec mon partenaire. J’y arrivais, j’étais bien plus dans le temps, mais j’étais tellement focalisé sur ce point que je ne me rendais pas compte que je créais une tension supplémentaire. On me l’a fait remarquer et il a fallu que je réajuste ma posture tout en conservant ce degré de connexion. 

Avoir un élément plus objectif

Enfin, pour évaluer l’état mental il y a aussi des éléments plus objectifs que l’on peut utiliser à différents moments. 

Parmi ceux-là vous pouvez noter : 

  • l’utilisation de la vidéo, car le corps laisse transparaître les émotions
  • le rythme cardiaque
  • le nombre de cycles respiratoires
  • la sudation
  • les tensions musculaires
  • le sommeil
  • etc.,..

Cet article touche à sa fin. Comme d’habitude s’il vous a paru utile je vous invite à le partager pour qu’il aide un maximum de personnes.

À très vite ! 

Cet article est corrigé par Henri-Pierre Juguet. Nous le remercions pour son travail de qualité. Si vous aussi vous souhaitez un bon relecteur/correcteur, voici son adresse mail :  hpj.correction.redaction@gmail.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Écrivez votre commentaire ici !
Écrivez votre nom ici ...